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May 04 Et puis vint le printemps…Dix Mille Mètres au dessus de l’Océan Atlantique, Dans la nuit du 3 au 4 Mai 2006
Eté, automne, hiver… et puis vint le printemps. Fuyant Montréal à l’heure où la ville se réveille, je m’en vais redécouvrir Paris, la France, l’Europe. Voilà qu’en cette nuit du trois au quatre mai, je survole l’atlantique qui sépare l’Amérique de l’Europe, pour une nouvelle aventure. L’atlantique. Un monde. L’Europe et l’Amérique, de ce que j’ai découvert cette année, ce sont deux univers, à la fois si proches et si éloignés. Quittant la France sans préjugé, je rentre sans faire de jugement. Deux mondes différents peuvent se comparer mais personne ne serait assez avisé pour pouvoir dire lequel est le mieux des deux !
En avril, ne te découvre pas d’un fil, dit le Dicton. A cela, j’ai plutôt envie de répondre « Avril, mois de l’amnésie ». Les premiers jours d’avril, le soleil fut agrémenté de vents du Nord. Ces vents assaisonnèrent le Québec des premières douceurs printanières. La neige fondit, laissant ressurgir en dessous d’elle les vertes pelouses qui avaient été recouvertes par des tapis de feuilles l’automne passé ! C’est incroyable, parce que ces feuilles qu’on apercevait encore de temps à autre en plein hiver lorsque la neige venait à manquer avaient cette fois complètement disparu, comme absorbées par des pelouses n’ayant pour seul désir celui de faire rejaillir du sol le vert éclatant de l’été ! Cette fois, il ne s’agit en rien d’une lutte des saisons comme celle qu’il y eut entre l’automne et l’hiver mais d’un vrai opéra orchestré avec brio et chanté sans fausse note. Tout semble avoir sa place et le monde réapparait en harmonie. Plus jours s’enchainent, plus le rythme augmente. Les premiers bourgeons, les premières feuilles, les premières fleurs.
C’est dans cette effervescence que nous devenons alors amnésiques. Les grands froids de l’hiver, nos manteaux, nos bottes, les déneigeuses, les lacs gelés et les arbres frigorifiés sont comme de lointains souvenirs ! Ont-ils existé ? La neige était-elle réelle ou n’était-ce qu’une illusion ? Amnésique aussi parce que nous avions oublié ces plaisirs printaniers et que nous commençons à les redécouvrir ! Avions-nous déjà vécu ça l’année dernière ? Vivre dans les saisons fut une joie. Chaque jour était une découverte dans ce cadre. Chaque jour la nature nous offrait de nouvelles surprises. Chaque jour, l’évolution des saisons a œuvré au renouvellement de la face de la terre. Ce n’est que la première beauté du Québec.
Mais me voilà dans cet avion qui me raccompagne à Paris. Et dans cet avion, au dessus de toutes les saisons et où seule la nuit semble l’emporter, je ne peux m’empêcher de penser aux gens qui m’ont accompagné tout au long de ces saisons. Les premiers jours, la chaleur accablante de l’été fut vécue dans les lourdeurs administratives de mon arrivée en compagnie des autres français de mon université. Emilie, Clémence, Olivia, Charles, Marie-Emilie… Puis, il y eut tous les autres Français, rencontrés au hasard d’une route, d’une sortie hivernale, d’une messe, d’une salle de cours, d’une soirée. Des français de passage, comme moi. Des aventuriers en quête de recherches et de découvertes… Si nous sommes tous venus à Montréal pour des raisons différentes et pour une durée différente, nous avions au fond de nous le même défi à relever qui nous unissait indéniablement : le défi de l’intégration.
Puis il y eut la rencontre de mes amis québécois… Comme ceux avec lesquels j’ai partagé les joies d’un cours de Fondement du Droit, puis d’un Cours de Droit Pénal. Indéniablement, dans cet avion qui ma raccompagne en Europe, je ne peux m’empêcher de penser à vous, Ariane, Marie-Anne & Steven. Vous retrouver en cours le matin était à chaque fois un véritable moment de bonheur. Je vous partageai mes découvertes sur votre beau pays et vous me donniez encore plus envie de le découvrir… Jusqu’au jour où c’est tous ensemble que nous sommes partis découvrir les joies du Québec, lors de cette merveilleuse journée à la Cabane à Sucre ! Bien plus qu’un repas, c’est toute une tradition que nous avons célébré tous ensemble. Vous étiez heureux de me faire vivre cette tradition. Mon bonheur à moi, ce fut de la partager avec vous. Me voilà dans l’avion du retour. Vous êtes restés au Québec, mes amis, mais au fond de moi, je suis heureux car je sais que je vais vous revoir en France ! Et grâce aux merveilles d’internet, je viendrais « chialer » dans vos fenêtres MSN quand je m’ennuierai du Québec et j’utiliserai plein d’expressions québécoises pour vous faire rire !
Une année de découverte ce n’est pas de tout repos. On ne s’en rend pas toujours compte dans l’instant mais, assis sur ce siège n°33H de l’airbus A340-300 qui me ramène à Paris, je vois mieux à quel point mon regard du monde s’est ouvert tout au long de l’année.
Il y eut les amis, il y eut la famille : mon père qui m’offrit cet incroyable road-trip dans le sud-ouest Nord-Américain ; ma mère qui m’encouragea jours et nuits ; ma sœur qui vint fêter Noël avec moi ; et mon frère qui, je le sais, se soucie pour que mon retour se passe bien ! Je n’oublie pas non plus mon Papy. Dans le fond, c’est dans les promenades que nous faisions Lui et moi le mercredi après midi et le samedi, ou encore dans les randonnées à la montagne que j’ai pu acquérir le gout du voyage et des découvertes. Tout au long de l’année, Il était présent avec moi. Il y eut Céline & Julie, mes cousines (et toute la famille) de Chicago qui m’ont accueilli les bras ouvert. Avec eux, j’ai eu la joie de revivre des moments de famille, une ambiance qui manque indéniablement lorsqu’on est loin de la sienne. Cette année de découverte n’aurait pas pu exister sans ma famille qui, de loin ou de prêt, m’a soutenu, motivé, encouragé, sans cesse et sans relâche. C’est vous que je retrouve dans quelques heures.
Le printemps et venu, et déjà le temps du départ se rapprochait à une vitesse immesurable. Le printemps est venu en même temps qu’on approchait de la fin du trimestre d’hiver, avec en prime la saveur des examens et la joie des devoirs à faire à la maison (ou « Take Home »). C’est alors que surgit Caroline. Un regard, un sourire, un bonjour… et c’est avec toi que j’ai passé mes deux dernières semaines.
Français, Amis, Famille… et Amoureuse. Quatre saisons pour quatre types de rencontre ou de découverte. Quatre saison, alors même que je rentre sans accomplir la plus belle, celle de l’été. Mais cela se comprend. La saison de l’été est celle où les fruits semés se mettent à murir. Pour murir, il faut de l’air, de l’eau, du soleil… et du repos. Je pars, j’arrive… Je m’en vais murir ailleurs. Je m’en vais découvrir les fruits qui ont été semés en moi tout au long de cette année. En attendant, je garde avec moi tous ces excellents souvenirs de cette année Montréalaise, Québécoise & Nord-Américaine. En attendant, alors que je me trouve entre deux océans, je vous exprime à tous, français, amis, parents & à toi, Caroline, mes plus heureux remerciement pour cette année que je viens de vivre. April 16 Nouvelle nouvelle :)Gare
Ma mère est vraiment folle ! Sa dernière idée farfelue, sous prétexte que notre famille serait doté d’un « don artistique », est de « nous » (ses enfants) faire écrire de petites nouvelles sur des thèmes saugrenus. Je me demande ce qu’il a bien pu lui passer par la tête, ou bien ce qui a pu lui cogner la tête. Quoi qu’il en soit, alors qu’elle était en visite à l’hôpital, elle est soudainement passée devant une porte sur laquelle figurait une pancarte avec l’inscription « GARE » en guise d’avertissement et que ma chère et tendre mère veut désormais que je fasse tout un roman sur cette porte. Mais c’est sur, il y aurait tellement à dire sur cette porte. J’ai d’ailleurs eu immédiatement la vision d’une œuvre de deux mille cinq cents pages divisées en quatre parties : première partie : la porte ; deuxième partie : les composants de la porte (70% métal, 20% plastique et 10% bois) ; troisième partie : le mystère de l’inscription ; et enfin, quatrième partie, le dénouement : l’ouverture de la porte. Dans cette dernière partie de mon œuvre je compte bien écrire une scène d’action sans précédent. J’imagine très bien toute la tension à l’instant même où mon héros tend son bras de toutes ses forces pour atteindre péniblement la poigner du bout de ses doigts, puis, d’un mouvement sec et violent appuyer sur cette poignée. Malheureusement (mais personne ne pouvait alors s’en douter), la porte est verrouillée. Le héros plonge alors dans une grande phase dépressive (dépression à la hauteur de son terrible échec). Ce n’est qu’après de longues heures de réflexion et de remise en cause qu’il commence à relever la tête (heureusement sinon ça ne pourrait pas être un héros), puis il met en place un schéma tactique pour parvenir à ses fins, puis, trois cents pages plus loin, il parvient enfin à ouvrir la porte pour la plus grande joie du lecteur, enfin soulagé d’un tel dénouement !
C’est avec le plan de cette œuvre phénoménale en poche que je me lance naïvement à l’aventure : celle de la rédaction. En effet, ce n’est pas tout mais à mon plus grand désarroi, les idées n’ont jamais fait les grands hommes. C’est de convaincre les autres que son idée est belle qui fait d’un homme quelqu’un de grand.
Je me lance dans la première phrase. « Dans la pénombre de la nuit… ». Blocage. Je me relis. Pour un roman noir, l’entrée en la matière me semble tout à fait de circonstance ! Dois-je continuer sur cette lancée ? Le tiraillement et le doute m’envahissent et finalement je me résous à abandonner ce début. Sur ma petite feuille, je griffonne tout. Je me reconcentre. J’inspire profondément, come s’il y avait dans l’air que je respire des mots qui formeraient des phrases cohérentes dans mes poumons et que je recracherais en expirant ! J’expire. J’écris.
« Sur la quatrième porte, du quatrième couloir, du quatrième étage de l’hôpital d’Ager, était gravé ce bien mystérieux mot de quatre lettre : RAGE »… Ah ! Sur le coup j’en étais plutôt fier de cette seconde entrée en la matière ! « Balzac n’aurait jamais trouvé si bonne formule », que je me disais. Mais en me relisant, je me rendis compte à quel point ce que je venais de pondre était bateau. Je pensais « si un gars me sors cette phrase je lui répondrais : et Gilbert, au deuxième étage il a mis deux euros dans la machine à snacks et il s’est acheté des chips ».
C’est alors que je fus pris d’une panique incommodante. Moi qui m’apprêtais voilà à peine quelques minutes à écrire mon premier roman et futur best-seller dans son genre, j’étais victime du syndrome de la page blanche. Comment cela était-ce possible ? Comment, moi qui ne suis jamais malade mais toujours en pleine forme ais-je donc pu me laisser emporter par ce malheureux syndrome, aussi répandu soit-il chez les écrivains et apprentis écrivains, toutes générations confondues ?
Mon désespoir fut aussi lourd que devaient l’être les quatre tomes de mon œuvre. C’est alors que j’entendis cette chanson de Brassens, le gorille. Chanson mystérieuse qui rappelle par moments l’énigme de ce qui devait être mon œuvre : « Gare au gorille » dit le chanteur. Et en dépit du rythme exaltant de la chanson, la conclusion de la chanson ne se fait pas attendre plus de trois minutes : « La suite serait délectable, Malheureusement je ne peux vous la dire Et c’est regrettable »…April 10 Ma cabane au pied de la colline !Après l’hiver…
Voilà, l’hiver semble de plus en plus avoir pris fin ! D’abord, il a pris fin lorsque le calendrier officiel de notre univers, mais défini par nous, les hommes, en application de théories hautement scientifiques, avons décidé que la saison hivernale se déroulait du 21 décembre au 20 mars ! Donc, le 20 mars nous étions passés d’une seconde à l’autre de l’hiver au printemps (magique) ! Et comme pour nous encourager dans cette démarche, notre ami le soleil avait décidé de pointer le bout de son nez pour la journée, accompagné d’une légère douceur de circonstance (pour ne pas dire printanière) !
La seconde étape est une seconde invention de nous, les hommes. Celle-ci, beaucoup plus fictive, mais tout aussi efficace (voire même totalement redoutable), c’est le « passage à l’heure d’été ». Alors là, je ne peux que m’incliner devant la grandeur du bonhomme qui a eu cette idée ! Du jour au lendemain, alors que nous dormions paisiblement, nous nous sommes réveillés une heure plus tard que l’heure à laquelle nous aurions du penser nous réveiller ! Ca peut paraitre con comme idée à première vue. Mais c’est parce que les conséquences de cette affaire ne peuvent se vérifier que le soir : (suspens…) il fait nuit une heure plus tard (qui l’eut cru !) De la sorte, on se dit « ah, c’est le printemps, il fait nuit plus tard » !
Bon alors dans cette euphorie soudaine, nous avons cependant appris à ne jamais nous précipiter dans ce gigantesque pays qu’est le Québec. C’est que si l’automne a fait des caprices pour ne pas partir, l’hiver peut bien en faire autant pour rester un peu plus. Bien sur, moi je suis encore un novice en la matière, car ce n’est que (et c’est déjà pas mal) le premier hiver que je passe au Québec ! Mais la lutte fratricide est tout de même beaucoup moins violente que celle que nous avons subi (car au final, quelque soit la guerre c’est toujours l’homme qui en subit les conséquences). Tout au plus, l’hiver nous a fait une petite blague en faisant tomber une fine couche de neige la première semaine d’avril…
A ces grandes choses, il faut ajouter les détails : la durée du jour qui augmente de manière quasi exponentielle. La neige qui, lassée de noircir sous l’effet de la pollution, abandonne définitivement sa mission qui consistait à tout blanchir. Sous cette neige, la surprise de découvrir les pelouses vertes conservées dans leur état d’entant ! L’hiver n’a-t-il pas toujours existé ? On redécouvre que non ! Petit à petit, l’hiver s’achève par lui-même. Les souvenirs de nos expéditions nocturnes sous de températures de trente degré en dessous de zéro sont désormais loin derrière nous. A-t-il vraiment fait si froid ? Alors même qu’on redécouvre qu’il peut exister autre chose que l’hiver, on a déjà oublié que celui-ci a existé.
… le réconfort !
Dans cette circonstance transitoire, il me fut donné l’occasion de vivre une nouvelle expérience : l’expérience de la « Cabane à Sucre ». A la base, la cabane à sucre, c’est l'endroit où les acériculteurs récoltent la sève de leurs érables et où, la plupart du temps, ils en font la transformation en Sirop d’érable. Mais c’est aussi une activité incontournable en cette saison pour tous les québécois et toutes les québécoises qui se valent.
Mais déjà, replaçons les choses dans leur contexte. La saison de transition actuelle, entre l’hiver glacial et le doux printemps, est la période faste dans la production du sirop d’érable. En effet, le sirop d’érable se fabrique à partir de la sève des érables. Cette sève est particulièrement abondante lorsque les nuits de gels sont suivies par des jours de dégels. Les « cabanes à sucre » sont alors en activité jour et nuit pour produire tout plein de sirop d’érable. Mais avant que ces cabanes à sucre ne soient les véritables usines que l’on connaisse aujourd’hui, elles étaient pour le « québécois typique de l’époque » (vous savez, le bucheron avec sa grosse chemise à carreau rouge, un barbe de trois mois et une grosse pipe, tel qu’on peut le voir sur la couverture du Routard), un refuge festif où le sirop d’érable servait alors à assaisonner tous les plats.
La Cabane à Sucre où nous sommes allés se trouve à une heure de Montréal. Marie-Anne, a la gentillesse de bien vouloir me prendre dans sa voiture ! Tout au long du trajet, Michael (le copain de Marie-Anne) m’explique à quoi m’attendre. Il me parle d’ « oreille de crisse », de « bines », de « cretons »… Des mots qui n’ont que peu de sens pour le pauvre français ignare que je suis. Mais je relève malgré tout le défi du concours de bines, « une tradition » d’après Michael ! Lorsque nous arrivons à la cabane à Sucre, nous sommes installés sur une table, dans une grande salle de type salle de réception. L’esprit est très champêtre. Sur la table, pleins de petits récipients sont disposés. Ils contiennent sel, poivre, de la betterave, des oignions rouges, des cornichons, du ketchup maison… sans oublier le sirop d’érable !
Je n’ai pas le temps de me dire que tout ceci est fort sympathique que la déferlante commence. On nous apporte le premier plat : des cretons pour nous mettre en appétit. Le creton c’est une sorte de pâté. C’est bon ! On en redemande. On nous en rapporte, mais on nous apporte aussi un plat de soupe. C’est de la soupe au pois me dit-on ! On en redemanderait presque ! On me prévient que ce n’est que le début. En effet. Tout juste le temps de finir la soupe et voilà le gros qui arrive. Un petit plat de pommes de terre bouillies par ci, deux gros plats d’omelettes au jambon par là, des saucisses dans le sirop, et… le fameux plat de « bines » (ou haricots). C’est un peu comme à la cantine ! Il ne nous reste plus qu’à nous servir… Et surtout, de ne pas oublier de rajouter du sirop d’érable sur tout ce qu’on prend ! Miam.
Une demi-heure plus tard. Les dernières cuillérée de bines achèvent de remplir mon estomac… Le deuxième plat est enfin vide. Michael sera-t-il tenté par l’expérience d’un troisième plat ? On conclu un accord à l’amiable et décidons de nous en arrêter là ! Rassurez-vous, amis français qui me lisez actuellement, j’ai étonné plus d’un québécois avec tout ce que j’ai mangé… Mais je n’avais pas songé au dessert. On me conseille de prendre le « Pudding aux chômeurs ». Je ne sais toujours pas ce que c’est, mais je le prends. A force de courage et de détermination, j’achève le plat avant que ça soit l’inverse qui se produise ! Ce repas est tout aussi gastrique que gastronomique. Nous sommes tous achevés ! Et là, je m’imagine ce bucherons québécois festoyant dans sa petite cabane à sucre à manger des bines pleins de sirop d’érable jusqu’à plus faim et à chanter des bons chants paillards… Ah ! Qu’est-ce que ça devait être drôle ! Je résiste à l’écroulement. De toute façon ce n’est pas ma tête qui est lourde (pour une fois), mais bien mon ventre qui me tire vers le bas… Mais je suis sauvé par la pause café/digestion !
La dernière étape de ce repas. Finir avec une petite sucrerie : la « tire sur la neige ». Pour cela, nous quittons notre table et nous rendons dans la vraie cabane à sucre, celle où se produit le sirop d’érable. Sur une table, il y a plein de neige. On nous donne un petit bâtonnet comme ceux des glaces et un monsieur verse sur la neige du sirop d’érable chauffé à blanc. Puis voilà qu’avec nos bâtonnets on recueil le sirop qui, refroidit, se durcit pour finir un peu comme une sucette
Après un petit tour dans la forêt, notamment afin de constater que les érables produisent bien de la sève en quantité et que ce n’est pas encore un de ces mythes que les québécois essayent de faire croire à leurs cousins français, nous voilà reparti vers Montréal ! Je vous passerais les détails de la conversation hautement juridique que j’eus avec Marie-Anne. De toute manière, je crois bien que j’étais plus préoccupé de savoir comment mon estomac pourrais bien digérer tout ce que je lui ai fourni. Et puis de toute façon, il y a des questions auxquelles il est parfois préférable de ne point répondre… March 30 HumeurDouceur printanière, Souvenirs de neige, Ciel bleu, bleu ciel, Petits pas tranquilles, Souffle rafraichissant, Vertes prairies, Resurgissement, Joie de vivre, Cycle de la vie. March 23 Création littéraire : ma nouvelleAu terme de l'atelier "Création Littéraire", nous étions invité à essayer de rédiger une petite nouvelle d'une petite page. Voici ma création, sans prétentions.
L’exploit
D’où vient donc la force qui pousse les hommes à accomplir les exploits les plus fous ?
Quand on raconta à Diégo le récit d’un homme ayant traversé le désert pendant quarante jours, en ne se nourrissant que des seuls insectes croisés sur son chemin, il se promit de réaliser un jour pareil exploit. Mais ce matin, Diégo n’avait pas le temps pour accomplir une telle épreuve.
Comme chaque jour, Diégo s’était levé à l’aube. Il alla traire ses deux vaches, toute maigrelette qu’on se demande comment elles peuvent encore produire quotidiennement chacune une bonne vingtaine de litre de lait. De cette production, Diégo en gardait à peine un verre. Tout le reste était récupéré par Antonio, un homme à l’allure impressionnante qui s’occupait de ramasser la production des différentes fermes de la région pour mieux la revendre.
Ce verre de lait, Diégo ne le buvait pas. Il le gardait pour sa pauvre grand-mère, qui lui avait tout appris jusqu’à ses huit ans, avant qu’elle ne tombe gravement malade. Cette maladie obligea dans un premier temps la grand-mère à rester assisse toute la journée. Au bout de quelques semaines, plus aucune phrase qu’elle prononçait n’était compréhensible. Elle se résolut donc à ne plus parler. Mais chaque matin, après s’être occupé des vaches, Diégo habillait sa grand-mère, lui offrait ce précieux verre de lait, puis l’installait en plein air, sur une petite chaise à bascule du haut de laquelle elle avait une vue totale sur l’ensemble des activités de son petit fils. Diégo le savait et la présence de sa grand-mère le rassurait et l’encourageait.
Diégo, lui, ne prenait pas le temps de manger quoi que ce soit. C’est qu’il devait encore ramasser les œufs de ses poules, et nourrir l’ensemble de son élevage tout en s’assurant par la même occasion que ses stocks de maïs suffiraient pour les jours à venir. C’est en toute fin de matinée seulement que Diégo soufflait un peu, fier d’avoir fini en avance. Ce jour là, Diégo s’endormit avant le déjeuner. Pendant une heure il rêva. Il retrouvait ses parents, il avait une petite sœur, Cléo, à qui il apprenait tout ce qu’il avait lui-même appris de sa grand-mère. C’est d’ailleurs en pensant à sa grand-mère que Diégo se réveilla, car il devait préparer le déjeuner.
L’après midi, c’est l’ensemble du potager que Diégo devait entretenir. Arroser, nettoyer, entretenir. Tout ceci n’était pas chose aisée. Le soir, Diégo aurait bien aimé pouvoir lire les livres qu’il avait trouvés dans le grenier de sa maison. Mais il était déjà trop épuisé pour se plonger dans des aventures dont il ne comprendrait ni le sens, ni les phrases. Car sa pauvre grand-mère n’avait pas eu le temps de lui apprendre à lire et à écrire. Faute de pouvoir se distraire, Diégo profitait du crépuscule pour faire une petit marche rafraichissante.
Voilà trois ans que le petit Diégo traverse le désert de sa solitude. A onze ans, Diégo a le visage creusé par les heures passées en plein soleil, les mains usées par les lourdes charges qu’il porte et transporte à longueur de journées, les pieds séchés par l’aridité du sol. Sans s’en rendre compte, Diégo a traversé bien plus de désert que l’homme dont il avait entendu l’histoire à la radio.
Ce soir, en rentrant chez lui, Diégo découvre de nouveaux voisins. Une famille nombreuse. La fin du désert ? February 22 Froid-y-es-tu ?Promenons-nous, au Québec, pendant que le froid n’y est pas… Si le froid y était, je m’adapterais…
Janvier fut un mois bien doux, très doux, exceptionnellement doux. Une surprise aux yeux de tous les québécois. Tous sont unanimes pour dire qu’ils n’avaient jamais fait si peu froids en hiver à Montréal. Chacun y va de son petit commentaire et le réchauffement de la planète pointe automatiquement le bout de son nez ! Nous, français, avons tendance à penser que ces histoires de très froides températures constituent un mythe : une photo souvenir pour carte postale de maison québécoise ensevelie par la neige, envoyée un peu partout à travers le monde pour nous faire saliver (nous les touristes)…
A Montréal, donc, il n’a pas fait si froid que ça depuis le début de l’hiver. Des petits pics en début d’hiver, certes, mais jamais plus de quelques heures. Donc, dans ma grande sagesse je décide de prendre les devants. Si je veux pouvoir rentrer en France avec ma carte postale, raconter le mythe du Grand Froid à chacun d’entre vous, je dois prendre les devant. Le proverbe l’avait dit bien avant moi : « si le froid ne vient pas à toi, alors tu iras au froid ».
Respectant les paroles du vieux sage, je me lance à l’aventure. Acceptant l’invitation d’une connaissance québécoise de l’accompagner à Chicoutimi, une ville à 500km au Nord de Montréal, nous partons donc un vendredi soir de ce début du mois de février pour le grand nord. En arrivant à Chicoutimi, pas de temps d’adaptation. Dehors, il fait -32°. Avec un tel froid, tout parcours en extérieur est optimisé pour qu’il soit le plus court possible. Mais au final, le froid n’a guère eu le temps de s’incruster dans la chaire. Tout juste il a pu se signaler par quelques pics sur l’épiderme de la peau. Rien d’affolant. De toute façon, la nuit est sombre. Nous n’allons tout de même pas rester dehors à ne rien faire. Le samedi est ensoleillé.
Au grand jour, on redécouvre ce qui était invisible en pleine nuit : le paysage, tout est enneigé. Les hauteurs de neige sont bien plus élevées qu’à Montréal où il ne reste qu’une fine couche. On se retrouve dans la description hivernale de Robert Charlebois chantant « je reviendrais à Montréal ». On y découvre ainsi « ce lac étrange entre le Crystal et le verre », « cette lumière descendue droit du Labrador »… Pourtant, à Montréal, nous n’y sommes plus. La journée est agréable. Le ciel est glacé, le paysage glacial. Heureusement, le soleil qui resplendit réchauffe quelque peu l’atmosphère. On respire.
Ce week-end à Chicoutimi fut donc des plus agréables. Je n’oublierai pas d’évoquer le chemin du retour. Nous nous engageons sur la fameuse route 175, celle qui traverse la forêt des Laurentides au milieu de lacs et de sapins sur des étendues qui n’en finissent pas. Rien que de traverser cette espace en pleine journée valait de détour !
Cette petite excursion fut donc un premier contact fort intéressant avec le froid, bien que limité. Mais en étant bien emmitouflé dans ses vêtements polaires, je me sentais prêt à une nouvelle expérience. Cette nouvelle expérience, ce fut samedi dernier, au Parc Val Cartier, à côté de Québec. Le parc Val Cartier une petite colline, sur laquelle on profite en hiver de la neige pour faire des glissades, sur des petites bouées trouées. Des pistes de descentes sont aménagées. En haut de la piste, on accroche nos bouées les unes aux autres. On peut être jusqu’à huit ! Plus on est de fou, plus on rit.
Contrairement à l’expédition organisée à Chicoutimi, où nous étions protégés grâce au chauffage de la voiture, nous avons passé la journée dehors. Il a fait -25° toute la journée. Pour faire face. L’homme a inventé la multiplication des couches. En bas : un collant en laine, un pantalon en polaire, et mon pantalon de ski. En haut : un t-shirt en polaire, un pull et mon anorak qui protège de températures allant jusqu’à -35°. Le problème reste finalement de bien protéger les pieds, les mains et le nez ! Pour cela, on est alors obligé de devenir un expert du bricolage. La tuque (bonnet en québécois) permet de protéger la tête. Les moufles protègent les mains, le cache cou remonte jusqu’à la bouche et le bas des oreilles au cas où la tuque ne serait pas assez grande… Le résultat est souvent des plus amusants : tout le monde à l’air d’un bibendum Michelin ! Le la tableau final est celui d’un carnaval, mais je ne vous apprend rien, c’est un peu comme au ski, où, sous prétexte qu’il fait froid et qu’on ne voit plus le visage, les gens s’habillent comme des cons, n’hésitent pas à se ridiculiser en mettant des bonnets avec des clochettes qui résonnent sur toute la longueur de la piste, sans oublier que ces gens se croient soudainement tout permis, au point qu’il ne s’agit plus d’un carnaval dans la station, mais d’un zouk géant avec quelques malheureux qui ne savent plus où mettre du ski !
Malgré toutes les précautions d’usages que j’avais pris soin de prendre pour ne pas avoir froid, cela n’a pas empêché à mes pieds de se glacer petit à petit. Comme le lait se cuit à petit feu, le froid envahissait mes pieds lentement mais surement. Taper sur la neige, danser, ou courir n’y changeaient rien et cette invasion devint insupportable. N’étant pas le seul à subir le froid, on décida de partir se réfugier quelques instants dans le refuge avant de repartir de plus belle !
Il ne me semble pas impossible d’affronter le froid. Bien protégé, on peut même passer une excellente journée en plein air. Mais quand on laisse le froid s’infiltrer là où il ne faut pas, il peut devenir dangereux. Il l’est d’autant plus car vicieux. On ne le sent pas tout de suite. Puis on pense pouvoir lui résister. Alors on lui fait face. Et on ne constate pas tout de suite qu’il nous épuise jusqu’à ce qu’il nous assomme soudainement. Bien sur, là je parle hypothétiquement puisqu’a pars mes pieds, tout le reste de mon corps à très bien supporté cette journée en plein air. February 06 Création littéraireLundi dernier, j'ai commencé un atelier de "création littéraire" ! Le but de cet atelier ? Ecrire ! Durant trois heures, une personne hautement spécialisé dans le domaine nous propose de nous exercer à l’écriture par toute sorte d’activité dans le but de stimuler notre imaginaire et de faire sortir les mots qu’on pense mais qu’on n’arrive pas toujours à exprimer.
Une des activités de la semaine dernière fut la suivante : écrire un petit texte en s’inspirant de l’objet qui sera posé sur la table. Sur la table, il fut déposé un œuf sur un petit foulard bleu. Voici mon résultat :
Naissance
En l’an 3618, une succession d’évènements climatiques, chimiques, métaphysiques et idéologiques eurent achevés de mener les hommes à leur extermination. De la surface terrestre, aucun homme, aucune femme ni aucun animal ne survécu au désastre. C’était l’aboutissement d’un ravage causé par l’enchainement successif de désastres causés par les erreurs du passé. Ainsi, en cette année 3618, il n’y avait rien d’autre sur terre qu’une abominable image de cette catastrophe irréversible.
Mais ce qui est irréversible pour l’homme n’est que le cheminement d’une paisible pour la terre. Au fil du temps, le jaunâtre climat chimique s’évapora. Les cendres omniprésentes dans le ciel, empêchant par la même occasion les rayons du soleil de réchauffer la terre déjà bouillant, achevaient leur danse macabre. Les eaux, salies d’une pollution que l’on pensait irrémédiable, retrouvaient leur éclat d’origine. Le tout fut balayé par une légère brise de sorte qu’en quelques années la terre avait retrouvé un éclat plus éclatant que jamais. Ainsi, la Terre qui avait vu disparaitre pour la deuxième fois le monde qu’elle couvait (la première fois étant la disparition des dinosaures), préparait tranquillement le futur.
En 3626, le grand spectacle du nettoyage avait pris fin. C’est alors que, par un jour de grand soleil, l’œuf du renouveau surgit des vapeurs du dernier marécage de l’ancien monde. Cet œuf était le signe du recommencement et vint éluder par lui-même la question si mystérieuse de savoir qui de la poule ou de l’œuf était venu en premier. Cela n’a point d’importance car c’est de la terre que vient la vie. February 05 Alexis de Tocqueville et le QuébecAlexis de Tocqueville, Voyages en Sicile et aux Etats-Unis,
Un procès à Québec, 1831 Nous entrâmes dans une salle spacieuse remplie de gradins sur lesquels se tenait une foule dont toutes les apparences étaient françaises. Au fond de la salle étaient peintes en grand les armes britanniques. Au dessous de ce tableau était placé le juge en robe et en rabat. Devant lui étaient rangés les avocats.
Au moment où nous parvînmes dans cette salle, on plaidait une affaire de diffamation. Il s'agissait de faire condamner à l'amende un homme qui avait traité un autre de pendard et de crasseux. L'avocat plaidait en anglais. Pendard, disait-il en prononçant le mot avec un accent tout britannique, signifie un homme qui a été pendu. Non, reprenait gravement le juge, mais qui mérite de l'être. A cette parole l'avocat du défenseur se levait avec indignation et plaidait sa cause en français, son adversaire lui répondait en anglais. On s'échauffait de part et d'autre dans les deux langues sans se comprendre sans doute parfaitement. L'Anglais s'efforçait de temps en temps d'exprimer ses idées en français pour suivre de plus près son adversaire; ainsi faisait aussi parfois celui-ci. Le juge s'efforçait tantôt en français, tantôt en anglais, de remettre l'ordre. Et l'huissier criait : – Silence! en donnant alternativement à ce mot la prononciation anglaise et française. Le calme rétabli, on produisit des témoins. Les uns baisèrent le Christ d'argent qui couvrait la Bible, et jurèrent en français de dire la vérité, les autres firent en anglais le même serment et baisèrent en leur qualité de protestants l'autre côté de la Bible qui était tout uni. On cita ensuite la coutume de Normandie, on s'appuya de Denisart (7), et on fit mention des arrêts du Parlement de Paris et des statuts du règne de George III. Après quoi le juge : Attendu que le mot crasseux emporte l'idée d'un homme sans moralité, sans conduite et sans honneur, condamne le défenseur à dix louis ou dix livres sterling d'amende.
Les avocats que je vis là, et qu'on dit des meilleurs de Québec ne firent preuve de talent ni dans le fond des choses ni dans la manière de les dire. Ils manquent particulièrement de distinction, parlent français avec l'accent normand des classes moyennes. Leur style est vulgaire et mêlé d'étrangetés et de locutions anglaises. Ils disent qu'un homme est chargé de dix louis pour dire qu'on lui demande dix louis. -- Entrez dans la boîte, crient-ils au témoin pour lui indiquer de se placer dans le banc où il doit déposer.
L'ensemble du tableau a quelque chose de bizarre, d'incohérent, de burlesque même. Le fond de l'impression qu'il faisait naître était cependant triste. Je n'ai jamais été plus convaincu qu'en sortant de là que le plus grand et le plus irrémédiable malheur pour un peuple c'est d'être conquis. January 30 CarnavalesqueLa tradition est-elle écrite à l’avance ? Combien de fois une action doit-elle se répéter pour qu’elle devienne une coutume ? Je ne le sais pas, mais, fidèle à mon jeune passé d’aventurier, je ne pouvais rester à Montréal pour ce dernier week-end de janvier.
Ma destination ? Cette fois, ça sera Québec. Que dire de cette petite ville, si ce n’est que c’est sans doute la ville la plus charmante de toute l’Amérique du Nord ? En temps normal, les petites rues du bas Québec, qui furent construites à l’arrivée des premiers colons, plongent ses visiteurs dans une ambiance digne des premières minutes de « La Belle et la Bête ». Alors, que dire de Québec quand commence le carnaval ? L’ambiance féérique se répand dans les hauteurs de la ville pour et envahit dans sa frénésie les milliers de pèlerins venus pour l’occasion. Mais ça, je ne l’ai pas encore découvert car au début de mon histoire, je suis encore à Montréal. Nous sommes vendredi midi. Dans une heure, une voiture me conduira à Québec.
Bien sur, c’était sans compter sur l’imprévu, toujours aussi surprenant qu’il ne survient que quand on ne l’attend plus. Au Québec, (notez bien que je parle ici de la région et non pas de la ville), l’alternative au transport en autocar c’est… le covoiturage. Ainsi, pour la modeste somme de 6$, une entreprise (Allo Stop) nous met en relation et fixe un point de rencontre avec un automobiliste. Ce dernier reçoit alors de notre part 10$. Décidé à ce que tout soit parfaitement bien organisé, je n’avais pas attendu la dernière minute pour réserver ma voiture, bien au contraire. J’ai rendez-vous à 13h30 au terminus d’une des lignes du métro. J’arrive tout juste à l’heure à la station du métro mais ne me reconnait pas dans la description donnée par la personne m’ayant indiqué comment retrouver l’automobiliste. Pris de panique, j’appelle Allo Stop. C’est alors que je me rends compte de mon erreur, de « THE » ERROR : je me suis trompé de station de métro. Je me suis trompé de terminus. Autrement dit, dans de telles circonstances, je ne retrouverais jamais mon chauffeur désigné.
Pourtant, au téléphone, avec une charmante opératrice d’Allo Stop, je ne me décourage pas et après une seconde d’hésitation je lance ma parade. Extrait de la conversation (avis aux lecteurs : les dialogues de la scène qui suit sont en parti en québécois) : « Allo, je vous appelle parce que je dois normalement partir pour Québec depuis Montréal dans 5 minutes mais je ne comprends pas du tout parce que vos indications pour retrouver l’automobiliste ne correspondent pas, il n’y a pas de Jean-Coutu au métro Henri Bourassa… - Tsé, je comprends mais tu peux me dire avec quel automobiliste tu as rendez-vous là ? - Oui, alors j’avais rendez-vous à 13h30 avec Claude ! - Une seconde je regarde… C’est-tu Rémy là ? - Oui ! Alors ? Je dois faire quoi ? - T’as rendez-vous à 13h30 au Jean Coutu du métro Honoré-Beaugrand - Ah… C’est que je suis métro Henri Bourassa… Sur la petite feuille où avaient été rédigées les explications pour mon rendez-vous, je constate que j’ai eu faux sur toute la ligne (la ligne où figurait le nom de la station de métro, et implicitement la ligne du métro) ! Mais je ne dois pas me désarmer et au téléphone, je sorts le grand jeu à la française… - Comment ça rendez vous au métro Honoré-Beaugrand… Je ne comprends pas ce que vous me dites là, parce que moi je suis au métro Henri Bourassa ! - Tsé, mais c’est pas l’lieu du rendez-vous, t’es trompé là ! Cette réplique n’est pas tolérable… Moi, me tromper ? Impossible ! - Qu’est-ce que vous racontez ? Non je vous assure je ne comprends vraiment pas parce que sur la petite feuille jaune sur laquelle vous avez écrit les informations pour mon voyage il y a écrit « 13h30 avec Denis au Jean Coutu du Métro Honoré… euh, Henri Bourassa ! » Et là je suis au Métro Henri Bourassa parce que c’est écrit sur ma petite feuille jaune, c’est vraiment fâcheux ! Mon air ultra convaincu achève de la convaincre que, dans le bénéfice du doute, je suis peut-être sincère. Après vérification et un magnifique « je vais être obligé de vous croire », un autre rendez-vous me fut fixé, à l’autre bout de Montréal. J’ai une heure pour être à l’heure.
L’étude du droit m’aura au moins servi à savoir que, pour pouvoir prétendre qu’une personne ne dit pas la vérité, il faut apporter la preuve matérielle que cette personne ment. Après un nouveau périple dans le métro de Montréal, j’arrive juste à l’heure pour mon nouveau rendez-vous. Cette fois, je ne me suis pas trompé et la nouvelle automobiliste désignée pour me conduire à Québec m’attend déjà. Québec, me voilà !
Le voyage entre Montréal et Québec dure entre 2h et 3h. Nous mîmes 2h45 pour arriver, ce qui me laissa le temps de reprendre mes esprits et de décompresser un peu de cette nouvelle aventure rocambolesque. Malgré tout je suis bien arrivé et je vais découvrir le Carnaval de Québec. Ce carnaval, je n’étais pas encore parti à Montréal que tout le monde m’en parlait déjà comme du plus gros évènement de l’hiver du Québec… Voir même de toute l’Amérique du Nord ! Je n’allais tout de même pas le rater !
Voici ce que l’on peut lire sur le site du Carnaval : « La tradition de fêter de la fin janvier jusqu'à la mi-février ne date pas d'hier. (…) Une population souvent éprouvée par les rigueurs hivernales, ranimait une tradition populaire et mettait sur pied une fête des neiges qui réchaufferait les cœurs. (…) Aujourd'hui, le Carnaval de Québec est le plus grand carnaval d'hiver au monde et obtient la troisième place au palmarès des grands carnavals, suivant de près les célèbres carnavals de Rio et de la Nouvelle-Orléans ».
Ces quelques lignes, résument bien l’esprit philosophique qui anime soudainement la ville en plein milieu d’un hiver qui peut parfois être glacial. La neige devient l’élément central du décor. D’encombrante, elle devient indispensable. En effet, elle devient l’outil de toutes les activités : sculpture sur neige, luge, glissades, chiens de traineaux… Aussi, on comprend mieux que la mascotte du Carnaval soit Bonhomme. Autrement dit bonhomme de « bonhomme de neige » ! Une mascotte toute blanche honoré dans toute la région ! Alors qu’en France on écrit nos chansons d’amour pour déclarer notre flamme aux filles qui nous ensorcèlent, au Québec, il n’y a plus qu’un seul hymne en cette période du Carnaval, celui à la gloire de Bonhomme !
Pendant deux jours donc, j’ai redécouvert la ville de Québec. Ce n’est guère une exagération d’utiliser le terme redécouverte, alors même que j’ai déjà été deux fois à Québec depuis mon arrivée l’été dernier. C’est que la ville change au fil du temps. Si Québec est une ville sublime en tout temps, c’est justement parce que la ville se change selon les saisons. Printemps, été, automne & hiver… Autant de robes qui permettent à Québec de se conserver en toute circonstance et à faire d’elle une ville au charme légendaire ! January 15 Essai poétique !Dans mon dernier récit, il y a un détail Que je ne vous ai pas, compté : le voyage Me menant de New-York à Chicago. Il fut Tout ce qu’il y a de plus bouleversant et Restera gravé dans ma mémoire ! Quittant Ma sœur, je rejoins la porte d’embarquement.
Dehors, le climat s’est détérioré. Il pleut. J’apprends qu’à Chicago le déluge est pire. On annonce alors deux heures de retard. Je passe le temps en regardant un film.
Puis nous embarquons. Là, le pilote eut La bonne idée de tenir un discours tout A fait alarmiste à propos des conditions Climatiques, précisant que la compagnie Recherchait huit volontaires pour céder leurs Sièges à des autres passagers. La panique Envahi l’avion et, les plus faibles, partirent !
L’avion pouvait alors partir. Le pilote Senti bien qu’il avait mis beaucoup de pression. Il tenu un nouveau discours plus rassurant. L’avion s’envole enfin. Les passagers, sentant Que tout se passe bien relâchent la tension.
C’est avec trois heures de retards que j’arrive ! Et là, ô, grande joie ! Un comité d’accueil Est venu me chercher. Ce sont mes cousines ! Elles sont Jumelles, c’est Julie et Céline. Je n’avais pas revu Julie depuis un bail.
En tout cas leur accueil fut des plus chaleureux. Céline, sache que ta compagnie fut des Plus cool et, malgré tous tes efforts acharnés, Te supporter ne constitue pas une mission Très insurmontable ! En fait tu es docile !
Quand à toi, Julie, tu as beau jouer à la Plus maline, cela ne m’a pas empêché De déceler en toi ta sensibilité : Faute d’être toujours souriante tu as Une grande crainte des petits chatouillis !
T’es grillée !
Ceci n’était qu’un petit essai littéraire ! Alors bon j’avoue que je n’ai pas tout à fait respecté toutes les règles de l’art parce que niveau rimes ce n’est pas ça du tout… Certains me diront : « dans ce cas ce texte ce n’est plus du tout de la poésie »… En était-ce au départ ? Je ne le sais pas ! En fut-ce un moment dans le déroulement de l’histoire ? Je ne le sais pas.
Pour illustrer le tout, une photo de ces deux jumelles à la fois si complices et si autonome l'une de l'autre... J'ai remarqué qu'elles vivaient plus en symétrie qu'elles ne vivaient en parallèle. Chacune se distingue de l'autre mais on en revient toujours au même postulat de base : elles sont jumelles ! A gauche, donc c'est Julie et à droite, c'est Céline !
Rémy January 14 Bonne Année 2006
2005, l’année du départ… Le 14 janvier dernier je me décide. Un simple petit formulaire jaune. Je le remplis. Ma volonté ? Partir. Où ? Je ne le sais pas. Je le remplis, je le complète, j’indique deux destinations qui ne me déplaisent pas trop.
Huit mois plus tard, je suis dans l’avion. Deux valises sont dans les soutes. J’ai un sac à dos avec moi. Il paraît qu’il fait froid à Montréal en hiver mais je n’ai ni manteau, ni pull en laine, ni grosse chaussettes… Une simple paire de gants en cuir et mon vieux bonnet que j’ai perdu depuis. Pour le reste on verra sur place. Mes valises ont été posée à Montréal, suis-je arrivé ? Je ne sais pas.
Voilà donc quatre mois que j’ai débarqué sur la petite Ile de Montréal. Minuscule au regard de l’immensité de l’Amérique du Nord. Alors j’ai franchi les ponts de cette île pour aller à la découverte du Québec : Tadoussac et ses baleines, Québec et sa vieille ville quatre fois centenaire, le parc du Mont Tremblant et ses lacs, chaque fois plus éblouissant les uns que les autres. J’ai ensuite survolé ces ponts pour me rendre de l’autre côté de l’Amérique, j’y ai découvert le Grand Canyon et la folie de la nature, Las Vegas et la folie de l’homme puis Los Angeles et la folie des activités humaines ! Sans oublier que je suis alors passé de l’atlantique au pacifique.
Au-delà de ces explorations fabuleuses, c’est véritablement une rencontre avec la nature qui s’est produite à Montréal. Du moins, une rencontre avec le climat. Le jeu des saisons qui semble si morne à Paris est ici un spectacle ahurissant : un été qui s’efface doucement et pacifiquement pour laisser la place aux fabuleuses couleurs de l’automne, puis des offensives virulentes de l’hiver pour détruire toute trace de cet automne pourtant si beau, si majestueux. Et finalement, le mariage de l’hiver avec Montréal et la transformation aussi soudaine qu’immédiate de la ville devenue toute blanche. La robe de la mariée est sublime et personne ne souhaite qu’elle soit retirée ! Je vous assure qu’une personne ayant passé une semaine en plein été à Montréal ne reconnaîtrait pas la ville en plein hiver.
Mais comme la rencontre de la nature et des paysages ne pouvait pas suffire à une telle expérience, j’ai aussi rencontré les gens. Les québécois, certes, mais aussi des personnes venant de tout horizon, prouvant ainsi la réalité du multiculturalisme à Montréal. Le défi de l’adaptation à un lieu n’est pas une mince affaire. Celui de se faire violence pour rencontrer les gens est encore plus délicat mais il a achevé de me convaincre que l’homme est bel et bien fait pour vivre en société.
Enfin, je n’oubliais pas non plus que je suis parti pour étudier à l’université. C’est d’ailleurs ce qui occupa la majeure partie de mon temps en cette fin d’année 2005 puisqu’ici, les examens se tiennent avant les vacances. (Bien qu’exceptionnellement, un de mes examens se tiendra le dimanche 15 janvier, en raison des grèves qui ont eues lieu). J’en profiterais d’ailleurs pour souligner l’incroyable qualité des services offerts aux étudiants par l’université. Ainsi, la bibliothèque (pour ne parler que de cet exemple) est ouverte tous les jours (même le dimanche), jusqu’à 23h en semaine et jusqu’à 19h le week-end.
Puis, vint le temps des fêtes de fin d’année. Trois actes durant lesquels je me ressourçai auprès de ma famille.
A mon arrivée à Montréal, l’une de mes premières préoccupations fut de savoir comment se passeraient les fêtes de fin d’année. Ce fut surement l’une de mes plus grosses angoisses. Vous savez, la peur de se retrouver tout seul à Noël devant un minuscule sapin de Noël glauque ! Les projets de retrouvailles grandioses avec toute la famille pour passer une semaine dans un chalet au nord du Québec furent vite abandonnés… D’autres projets furent également abandonnés et finalement, décident de ne pas quitter le continent Nord-Américain tant que je n’aurais pas fini mon année d’études, c’est ma sœur qui fut ravie de me retrouver à Montréal.
Acte I : Les retrouvailles A peine mon dernier examen terminé, j’accueillais donc ma sœur ! Elle craignait l’hiver mais la chaleur était (presque) accablante à son arrivée (environ 1°). Cela faisait huit mois que nous ne nous étions pas vu. Elle était en stage au Japon depuis 4 mois quand je suis parti à Montréal. Sa présence pour passer Noël à Montréal fut vraiment agréable ! J’avais préparé le décor dans l’appartement en achetant un magnifique sapin de Noël (et comme par magie, juste après son arrivée, le petit papa Noël n’a pas oublié mes petits souliers) !
La semaine que nous avons passée ensemble à Montréal fut des plus agréables. Une vraie semaine de Noël : grandes nuits de sommeils, dvd, petite promenade tranquille histoire de lui faire découvrir un peu Montréal. Mais nous sommes également sortis de Montréal pour découvrir un sport tout à fait farfelu : le paraskiflex ! Il s’agit de s’adonner à la pratique du ski, sur un lac gelé, le principe étant que nous somme tiré à l’aide d’un parapente (pour plus d’information : http://www.paraskiflex.com). Et enfin, pour conclure cette semaine en beauté nous sommes allés voir le ballet « Casse Noisette » de Tchaïkovski, à l’Opéra de Montréal. La salle était remplie d’enfants, c’était très amusant ! Le soir, nous embarquions dans un car direction… New-York.
Acte II : Le grand voyage A la frontière avec les Etats-Unis, l’ambiance était glaciale. Nous étions surpris de voir avec quelle rigueur tout ce qui semblait vouloir approcher de cette frontière était rigoureusement contrôlé avec minutie. La nuit sombre malgré une légère chute de neige rajoutait à ce climat une sensation d’être dans une zone désertique complètement militarisé. Bref, une ambiance qui nous semblait fortement hostile. Nous fûmes rassurés lorsque le bus fit une petite pause à l’aube pour nous dégourdir un peu : alors que nous étions à plus de deux heures de New-York, dans une aire d’autoroute banale, une dizaine de musulmans faisaient leurs prières. Nous voilà rassuré ! Nous quittons l’aire d’autoroute, nous arrivons à New-York, immense ville grouillant de monde. La foule est semble-t-il une composante indéniable de la ville en cette période de fêtes. Nous sommes accueillis par des cousins. Nous posons nos bagages et repartons croquer à pleine dents cette grosse pomme !
New-York est une ville tout à fait ahurissante. On croirait que la journée, tous les habitants des quartiers entourant Manhattan s’amassent dans cette presqu’ile pour y passer sa journée. A cela, il faut ajouter la multitude de touristes qui était présente en cette fin d’année et la ville était en pleine ébullition. Le soir de notre arrivée, nous sommes allés voir une comédie musicale. La foule était si dense qu’il nous fallu bien 15 minutes pour remonter les cinq rues qui séparaient la sortie du métro à la porte d’entrée du théâtre. Trois heures plus tard, minuit passé, ce n’est pas 15 mais 25 minutes qu’il nous fallût pour regagner ce même métro ! Je ne vous parlerai même pas de la foule à Time Square le soir du nouvel an… Nous étions semble-t-il près de sept cents mille. Peut être plus. Finalement, Marine est moi sommes rentré admirer ce kitchissime spectacle ridicule à la télé (bien au chaud) !
C’est donc dans cette ambiance euphorique que nous avons conclu 2005 et débuté 2006. Déjà ma sœur rentrait à Paris. Je la quittais à l’aéroport, tout heureux d’avoir partagé ces dix jours avec elle.
Acte III : En famille Il aurait été trop déprimant pour moi de rentrer à Montréal tout de suite après une telle aventure. Je profitai alors de l’invitation lancée par une cousine de venir la voir, pour me rendre à Chicago ! Bien que j’eusse déjà été à Chicago, je n’en gardais aucun souvenir. A l’arrivée, et malgré les quatre heures de retard de l’avion, je fus accueillis par mes deux cousines qui sont sœurs jumelles, Céline et Julie. Je connaissais déjà Céline pour l’avoir supporté une semaine en vacances l’été dernier. En effet, ma mère est sa marraine et depuis deux ans maintenant, elle vient l’été passer quelques jours à Barcelonnette. Mais la dernière fois que j’avais du voir Julie remonte à une bonne dizaine d’année, tout comme ses parents. Autant dire que je ne me souvenais plus du tout de la famille, mais ça n’en reste pas moins des cousins.
En tout cas je fus formidablement bien accueilli. Ce qui fut le plus sympathique durant ces quatre jours passés chez eux, fut la joie de pouvoir partager des vrais repas de famille !
En dehors de ces temps de famille partagés, j’ai découvert Chicago. Ce qu’il faut savoir c’est que Chicago fut en grande parti détruite par un incendie en octobre 1871. La ville a accueilli durant tout le 20ème siècle les plus grands architectes afin de reconstruire la ville. La ville ressemble parfois à une sorte de Gotham City car les tours érigés à certains endroits sont vraiment très haute ce qui rend l’ambiance au sol parfois plutôt sombre alors même qu’il faut plutôt beau temps ! Bref, encore une fois, une ville à l’image du gigantisme de l’Amérique du Nord, non pas cette fois par l’étendue (Los Angeles), ni par son activité économique (New-York), mais par la hauteur de ses tours ! Enfin, si vous ne devez voir qu’un seul musée à Chicago, rendez vous à l’Art Institute.
Ainsi s’est achevé ce temps de fêtes.
A chacun d’entre vous qui me lisez, je vous présente mes meilleurs vœux pour l’année 2006. Je vous souhaite à tous de grandes joies et beaucoup de bonheur. Pour ma part, il me reste encore beaucoup de choses à découvrir du monde dans lequel je suis désormais bien installé.
Rémy December 24 Joyeux NoëlLe 25 août dernier, j’arrivais à Montréal. J’y arrivais sans me soucier de ce qu’il allait m’arriver. J’y arrivais sans crainte. Ce n’est que le lendemain de mon arrivée que cette crainte et ce souci sont apparus ! Mais finalement, à relire tout ce que j’ai pu écrire, je me rends compte que j’ai déjà découvert énormément, et de très belles choses.
Après quatre beaux mois en terre québécoise, l’hiver s’impose de plus en plus comme une réalité : la semaine dernière nous avons connu la plus grosse chute de neige depuis près de trente ans. Aussi, nous avons pu vérifier durant certaines journées que le froid savait se faire glacial. Heureusement, j’ai eu tout le temps de l’automne pour m’équiper au fur et à mesure. Je pense être bien armé.
Mais ce week-end, nous bénéficions d’un sursis exceptionnel de Noël. Tout semble se préparer minutieusement. Au-delà de ce qui se fait habituellement en France, je retiens deux choses ici : d’une part, toutes les radios agrémentent leurs programmations musicales de chants de Noël ! D’autre part, faire ses courses est vraiment très agréable : tous les commerçants portent joyeusement des chapeaux de noël. Tout ceci est très amusant !
L’heure est donc aux vacances désormais. Deux semaines de répit pour passer Noël dans la joie. Ma sœur vient d’arriver et j’espère que nous passerons de belles fêtes ensemble.
Au programme dans les jours à venir : voyage à New York (avec ma sœur, pour le nouvel an) ; puis voyage à Chicago. D’ici là, je souhaite à chacun d’entre vous qui me lisez de merveilleuses fêtes de Noël ! Profitez également de vos vacances si vous en avez !
Bien amicalement, Rémy December 18 Dans le Sud-Ouest Nord Américain...Comme je l'annonçait dans mon précédent article, je me préparais à partir à nouveau en voyage, cette fois ci dans le sud-ouest des Etats-Unis.
Ce mois de novembre à Montréal fut un mois relativement calme, un mois de transition où l’automne s’effaçait chaque jour un peu plus pour laisser la place à l’hiver. Ce mois où l’hiver cherchait à imposer sa force pour réduire en poussière toute trace de cet automne. Un mois de lutte entre ces deux saisons, une guerre terrible perdue d’avance pour l’automne qui malgré tout n’aura pas démérité. En cette fin du mois de Novembre, l’hiver est donc là, et comme pour être certain d’avoir anéanti l’automne de toute nouvelle résistance, nous sommes soumis aux premières grandes températures en dessous de zéro. Dans ces circonstances, il m’était à nouveau donné l’occasion de m’évader, de partir à la découverte de nouveaux horizons. Il était temps pour moi de me changer les idées.
De Montréal à Los Angeles, il y a 4500 kilomètres ! Notre programme pour ces quatre jours : découverte du Grand Canyon, de Las Vegas puis de Los Angeles. Deux mille kilomètres de voiture, un véritable road trip se prépare. Ce voyage, je vais le vivre en compagnie de mon père, lui et se vieux souvenirs de sa jeunesse, jeunesse durant laquelle il avait déjà pu découvrir ces arides régions du Sud-ouest Nord-Américain !
La première chose frappante lorsque l’avion arrivait sur Los Angeles, fut de voir l’étendue lumineuse de la ville. Du ciel, il m’était impossible de déterminer les limites de la ville. Je n’y voyais qu’un océan lumineux au travers du hublot. La première chose frappante en quittant Los Angeles, ce sont les étendues, maritime à l’ouest, où l’océan pacifique se prolonge sans aucune limite ; désertique à l’est, où certaines routes semblent perdues au milieu de nulle part !
Redescendu sur terre, je retrouve donc mon père, tout aussi heureux de me retrouver pour la seconde fois depuis mon départ de Paris en août dernier. Il est tard. Demain nous partirons de bonne heure.
7h, 10h à Montréal, 16h à Paris. Nous quittons l’hôtel et prenons enfin la route. Notre destination est à 800 kilomètre de Los Angeles : Le Grand Canyon. Sur la route, je constate sur terre la réalité que je découvrais du ciel : Los Angeles est une ville immense. Ce n’est qu’après une bonne heure de route que le nombre de maison diminue et l’environnement devient tout de suite plus aride. Tel est le paysage qui nous accompagna les huit heures de route durant. Tout ceci me rappela à ceux de l’Ardèche, où encore ceux qui existent en Espagne, aussi bien dans le Nord-ouest, qu’en Andalousie… Mais bien sur, ici on est en Amérique du Nord, aux Etats-Unis, pays le plus riche du monde, alors ici, voyez-vous, c’est pareil mais infiniment plus grand !
Le soir, nous sommes à moins de trente kilomètre du grand Canyon quand le soleil se couche. Trop loin pour pouvoir voir le coucher de soleil là bas. Nous admirons tout de même un couché de soleil « made in Arizona », quelque chose d’assez surréaliste comme vous pouvez le voir sur les photos. Nous finissons par arriver au Grand Canyon, la nuit est sombre. Impossible d’y déceler quelconque forme du lieu, mais on y entend un vent étrange qui circule vers le bas… Un vent qui laisse bien présager la grandeur de la chose !
Il est donc 6H15 quand nous nous levons. Par chance, en hiver le soleil se lève plus tard. A 6h30 nous entamons notre marche vers le point de repère à partir duquel nous avons décidé d’admirer ce soleil levant. Rien de mieux que cette fraiche promenade pour réveiller nos sens. Arrivé au point de vue, les premières silhouettes du Grand Canyon font leurs apparitions. De l’autre côté, une rouge éclatant commence à se dévoiler, en guise de premières lueurs du jours. Au dessus de nos têtes, de fins nuages recouvrent le ciel. Le spectacle peut enfin commencé. Il ne dure qu’une dizaines de minutes, les dix minutes durant lesquelles le soleil fut assez haut pour éclaircir et rougir les grandissimes falaises, mais assez bas pour passer en dessous des nuages. Ces nuages sont rares au Grand Canyon. Une fois le soleil passé au dessus des nuages, le spectacle n’en demeure pas moins époustouflant. L’appareil photo n’en aura pas manqué une seconde.
Nous flânons tranquillement pour rentrer jusqu’à notre chambre, multipliant les prises de vue vertigineuses ! Depuis notre chambre d’hôtel, le Katchina Lodge, nous découvrons la vue que nous avons sur le Grand Canyon (il faisait nuit à notre arrivée, et tout était sombre). Mais nous n’avons pas beaucoup de temps à perdre et déjà nous préparons à repartir. Une fois la voiture chargée, nous dégustons les dernières minutes de notre incroyable expédition avec un petit brunch. Mais déjà, nous devons repartir pour une nouvelle aventure. Cette fois ce sera une aventure « humaine », celle de l’homme, de la conquête de l’ouest, du désir de la richesse… Une aventure de la démesure Américaine : celle de Las Vegas ! Mais ça, je ne m’en rends pas encore compte.
La monotonie de la route entre le Grand Canyon et Las Vegas est légèrement semblable à celle que nous avions rencontrée le jour précédent. Pour y remédier, mon père a prévu un détour de choc : un petit passage par la mythique Route 66 ! Tout compte fait, du moins sur le tronçon que nous avons parcouru, cette route n’eut de mythique que son histoire ! (La Route 66 est la première route construite reliait les Etats-Unis de Chicago jusqu’à Los Angeles). Puis nous reprenons l’autoroute pour les 100 derniers miles. En chemin, nous découvrons une merveille de la force humaine : le Hoover Dam. Un barrage gigantesque pour bloquer les ravage que pouvaient cause la rivière Colorado (la même qui passe en bas du Grand Canyon et qui serait en parti responsable de ce paysage lunaire). L’achèvement de ce barrage était l’un des grands travaux entrepris par Roosevelt après la crise de 1929. Ce barrage marqua également la frontière entre l’Arizona et le Nevada. Je me demande encore qui, du panneau souhaitant la bienvenue au Nevada ou bien du Casino pittoresque, marquait le plus cette frontière. Il est 15h. Chose était sur, nous arrivions !
Nous arrivions, oui. Mais nous n’étions pas encore arrivés ! Et oui il faut comprendre que : nous nous rendons à l’hôtel Paris. Sachant que c’est toujours le bordel pour arriver jusqu’à Paris, et sachant que nous n’avons pas fait exception à la règle, nous avons eu le droit à plus de deux heures d’embouteillages et de ralentissement pour arriver au pied du charmant complexe qui nous accueille. Un complexe incroyable où la Tour Eiffel est au dessus de la Gare, elle-même juste à côté de l’Opéra (Garnier). Bref un assemblage de monuments historiques concentrés dans une surface misérable. Nous stoppons la voiture devant l’arc de Triomphe, pénétrons dans l’hôtel et découvrons l’incroyable folie qui anime les entrepreneurs de la ville, enregistrons notre arrivée, puis nous arrivons enfin dans notre chambre. Il est 18h !
Ce n’est qu’après une petite pause que nous repartons nous promener à la découverte de la ville. Las Vegas est une ville sans dessus-dessous. J’imagine encore l’entrepreneur qui conseille son architecte : « make the worst to be the best » ! Dans cette ville, la notion de temps est asphyxiée, celle d’espace est ensevelie. Bref, une ville folle qui vit jour et nuit, qui semble s’enivrer des les premières lumières de la nuit, sans que cela ne s’arrête jamais ! Une ville qui cherche à démontrer que la folie créatrice de l’homme n’a pas de limite. Là encore, nous flânons.
Le temps s’oublie, mais nous n’oublions pas qu’il passe. Et il passe vite. Déjà 22h. A 22h30, nous sommes au Bellagio pour assister au spectacle « O » du cirque du soleil. Bien installés dans les premiers rangs de la salle, nous nous laissons emporter dès la première seconde du spectacle, jusqu’à la dernière goute. Je ne pourrais rien dire d’autre, si ce n’est que ce spectacle est complètement féérique : un cirque sur une scène aquatique. Ce matin, nous nous étions levés à six heures pour admirer la magie de la nature. Ce soir, cette journée s’achevait par la magie de la créativité artistique de l’homme. Mais je n’oubliais pas non plus le gigantesque Hoover Dam, magie du défi physique de l’homme. Cette magie qui au-delà du spectacle lui-même me rappelle que l’homme ne doit pas désespérer. Tout ce que j’ai vu aujourd’hui est bien la preuve que c’est l’homme qui, par son désir de magie, permet la réalisation de grandes choses. Après une journée comme celle-ci, je ne peux m’empêcher d’être certain que Hobbes a tord quand il dit que l’homme est un loup pour l’homme.
Le début de la nuit se poursuit dans le Casino de notre hôtel, à Paris ! Je me suis essayé aux machines à sous qui m’auront rapportés plus qu’elles ne m’auront fait perdre ! J’ai aussi expérimenté ma force divinatoire à la roulette, sans trop de succès ! Une nuit passe…
Et le lendemain, nous ne perdons pas de temps, à peine éveillé que nous nous replongeons dans l’effervescence de Las Vegas. En flâneurs, toujours, nous y passerons la journée pour continuer notre visite touristique des différents Casino ! Dans chacun d’entre eux, je joue 1$ dans une machine à sous ! J’aurais ainsi gagné 5$ dans celle du New York. J’ai perdu dans tous les autres. Dans ma philosophie positive je me dis que je me suis amusé pour 1$, finalement Las Vegas n’est pas plus cher qu’une journée à Disneyland Paris ! Il n’y a pas que les Casinos à Las Vegas. Il y a aussi d’incroyables boutiques érigées pour la publicité de certaines marques, comme la boutique M&M’ s qui offre la possibilité d’acheter les M&M’ s à la couleur de son choix !
Déjà la nuit tombe à nouveau sur Las Vegas. Il est temps de repartir. Notre prochaine étape : Los Angeles. Nous récupérons notre voiture et nos bagages et admirons l’éclairage qui commence petit à petit à illuminer toute la ville au milieu de son désert. Des personnes arrivent par centaines à Las Vegas. C’est une ville comme ça : ça va, ça vient puis ça repart, en un rien de temps. November 21 Ma semaine montréalaise…
Laissez-moi-vous raconter le déroulement de ma semaine montréalaise. J’ai choisi le titre « semaine montréalaise », plutôt que « Semaine à Montréal » car il est peut être temps de me considérer pleinement comme un québécois (du moins comme un vrai montréalais) et non plus comme un simple étranger pour qui Montréal serait encore une ville touristique !
Comme vous-vous en doutez, petit à petit, nos habitudes agrémentent notre vie quotidienne. Quand on s’enferme dans une routine quotidienne, il nous arrive parfois de nous plaindre contre nos habitudes, de vouloir tout casser et de chercher un point de rupture. C’est un peu ce que j’ai fais en partant de Paris pour m’installer à Montréal. Mais ces habitudes sont nécessaires pour trouver une stabilité dans notre vie quotidienne. Ce sont la pierre fondamentale de l’édifice en place qui nous permet de vivre en harmonie, de vivre le bonheur !
Si je vous dis tout ça, c’est parce que dans ma semaine montréalaise, j’y ai pris quelques habitudes. Ce sont mes repères temporels de ma vie quotidienne. Autour de ces habitudes les évènements s’enchevêtrent les uns aux autres… Voici ma semaine montréalaise et pour être plus précis, voici la semaine vécue du dimanche 13 novembre au soir jusqu’au dimanche matin du 20 novembre. En réalité, vous verrez que je profite de ce récit pour glisser toutes autres sortes d’anecdotes et autres moments de partages vécus depuis quelques semaines.
Dimanche 13 novembre, jour du Seigneur. Mes parents, sans pourtant être de fervents pratiquants, ont choisi de m’éduquer d’après des valeurs judéo-chrétiennes. J’ai accueilli ces valeurs. Aller à la messe tous les dimanches (dans la mesure du possible), c’est une habitude que j’ai conservé en arrivant à Montréal ! Au-delà de l’aspect religieux, je trouve que ce temps me permet de faire le bilan de la semaine écoulé. C’est un temps de réflexion personnelle. Mais c’est aussi un temps de partage. Pour que cet échange soit plus fort, j’ai été accueilli par le centre étudiant catholique de l’UdeM (nom de mon université). Les locaux de ce centre (sorte d’aumônerie pour les étudiants) sont dans le couvent des dominicains, une communauté religieuse qui semble toute sympathique ! La messe des étudiants à lieu tous les dimanches à 17h30. Elle est vraiment dynamique. Certes, nous ne sommes pas des milliers, tout juste une centaine chaque dimanche, mais au regard de la désertification des églises au Québec depuis 1968 (libéralisation des mœurs), remplir une église à demi est une chose admirable à Montréal ! Il faut dire que tout le monde participe dans la mesure du possible pour que la messe soit vivante. Après la messe, un souper (en Québécois : souper = diner, diner = déjeuner et déjeuner = petit déjeuner) est organisé.
Une fois rentré à la maison, la fin de la soirée se déroule tranquillement. En général, je profite de ces moments là pour répondre à certains courriels reçus durant la semaine. J’en profite aussi pour écrire à mes amis ou bien pour réfléchir aux articles que je vais bien pouvoir rédiger !
Lundi 14 novembre, journée sportive !
Le lundi est LA journée sportive : le matin, je fais le ménage. Le soir, je me rends à mon cours d’aïkido… Et là, vous avez raison de vous demander si c’est le ménage ou bien l’aïkido le plus épuisant !
Les premières semaines, je faisait les ménage tous les lundis… En fait, comme l’appartement n’est pas très grand et qu’il n’y a pas une activité monstre à l’intérieur, j’ai très vite réduit mon rythme ! Au point qu’en réalité, je fais plus le ménage au jour le jour ! Ce qui prend le plus de temps, c’est de laver tout le linge. Toutes ces taches ménagères que j’ai la joie de découvrir, je les effectue de temps à autre, Quand je le juge nécessaire. Ce lundi matin je me suis contenté de passer le balai dans tout l’appartement et de bien ranger ma chambre. Je passerai la serpillière un autre jour. Pareil pour mon linge, il y en a trop peu pour faire des lessives ! En attendant, j’ai le plus grand bonheur de recevoir des nouvelles de… ma banquière !
C’est déjà l’après midi. Histoire de ne pas rester cloitrer dans mon appartement, je m’en vais étudier à la bibliothèque de la Fac. Ce qui est bien dans les universités nord-américaine, c’est qu’on ne fait pas les choses à moitié : la bibliothèque est ouvertes tous les jours (même le dimanche) et en semaine elle est ouverte jusqu’à 23h !
Depuis la semaine de relâche (vacances), mon temps de travail s’est singulièrement réduit du fait de la grève des professeurs. Je reviendrais plus tard sur cette grève. Depuis cette semaine de relâche, la moitié de mes cours furent annulés (ceux du mardi et du mercredi). La motivation pour travailler s’en fut réduite d’autant ! Ma productivité n’est pas à son plus haut niveau historique mais il faut bien s’y mettre à un moment ou un autre…
Le soir, comme tous les lundis soir, j’ai donc mon cours d’aïkido ! Au début, je voulais m’inscrire à un cours de tennis… Mais le soir même du premier jour des inscriptions, tout était déjà complet pour le tennis ! Je me suis rabattu sur l’aïkido ! Une grande nouveauté… J’avais expérimenté le judo dans ma plus tendre enfance (entre 6 et 8 ans), mais là j’innove car je n’avais plus fait de sport de combat depuis ! En tout cas je ne regrette vraiment rien parce que l’aïkido est un sport bien sympathique. Bon, mon niveau est tout à fait médiocre : d’une part je n’ai aucune souplesse et d’autre part j’oublie tous les gestes qu’il faut faire sitôt la démonstration terminée…
En sortant du cours, le ciel est dégagé. Il fait très froid et on annonce l’imminence de la première chute de neige.
Mardi 15 novembre, tous solidaires…
Ce matin, le réveil est matinal. J’ouvre les yeux. Le jour se lève et que vois-je : « ô, magie ! Il neige ! »… Le 15 novembre 2005 fut donc le jour de la première chute de neige à Montréal (voir mon récit en dessous).
Je profite de ma matinée pour laver mon linge. Ce que je n’avais pas fait hier, je décide finalement de le faire ce matin… Trois petites machines (une pour le blanc, une pour les couleurs et une pour mes pulls) et le tour est joué ! Vu le temps qu’il fait désormais, il n’est plus question de faire sécher son linge dehors. Pour cela il y a la sécheuse ou la salle de bain ! En tout cas, toute cette neige qui tombe du ciel… C’est beau !
En principe, j’ai cours de 8h30 à 11h30 tous les mardis. Un cours passionnant de « Droit international privé ». Le prof est un américain qui parle québécois (je vous laisse imaginer l’accent). En général, je profite de ma présence à l’université pour y rester l’après midi et y travailler quelques heures… Mais ce matin, ce cours n’aura pas lieu. Les professeurs sont en grève. Tous les professeurs appartiennent au même syndicat. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’ici les professeurs sont tous liés par la décision syndicale de faire la grève.
L’après midi, j’ai retrouvé des amis du centre étudiant avec qui nous sommes allés participer à une célébration « du souvenir » au centre gériatrique de l’UdeM. Ce fut dans un premier temps pour moi l’occasion de commencer mon entraînement de « marche sur trottoirs enneigés ». Il est tombé à peine cinq petits centimètres de neige mais les rues ne sont déjà plus les mêmes… En fait, c’est toute la ville qui semble soumise à un nouveau rythme : le rythme d’hiver… Tout devient plus lent. Les pas des gens en sont presque chorégraphiques. Cette ambiance est encore plus remarquable à la nuit tombante et génère une atmosphère un peu lunaire et presque surnaturelle !
Je me suis donc rendu au centre gériatrique de l’UdeM ou nous avons participé à cette célébration du souvenir. Il s’agissait d’un temps de prière en hommage à toutes les personnes de ce centre qui furent décédées l’année écoulée. Nous avions été conviés afin que les personnes âgées du centre puissent rencontrer des personnes un peu plus jeunes qu’elles. Pour ma part, j’ai rencontré une personne âgée tout à fait remarquable. Quand nous sommes venus la chercher dans sa chambre pour l’accompagner jusqu’usa lieu de la cérémonie, elle a d’abord pensé que nous étions des policiers et semblait terrifiée. A l’aide d’un infirmier, nous avons réussi à lui faire comprendre que nous ne lui voulions que du bien et elle accepta de venir participer avec nous à ce temps de prière. A la fin de la cérémonie, nous avons dégusté avec cette dame un morceau de gâteau qui nous fut offert. J’espère que nous lui avons apporté un peu de joie dans sa semaine. Cette dame semblait en effet très seule est l’infirmière nous a affirmé qu’elle ne recevait que rarement des visites. Heureusement, dans ce centre gériatrique, de nombreux bénévoles travaillent à rendre le quotidien des personnes âgées les plus seules plus agréable. En tout cas, ces échanges avec ces personnes âgées, seules et malades eurent à mon sens beaucoup de profondeur. Cette action était d’autant plus symbolique qu’elle fut menée dans le cadre de la Semaine Internationale de la solidarité…
Mercredi 16 novembre, journée de tout repos (grève)
En principe, le mercredi matin j’ai cours de Droit de l’environnement. Ce cours est intéressant, vraiment. Malheureusement je n’ai plus revu la prof depuis le 5 octobre ! En effet, le mercredi 12 octobre, je ne me suis pas réveillé (hm…) ! Le mercredi suivant (19 octobre) fut la première journée de grève. Depuis, tous les mercredis furent des journées de grève !
Je profite de ma matinée pour aller faire un peu de sport. L’UdeM possède son propre complexe sportif. Un bâtiment gigantesque dans lequel on y trouve un gymnase, des terrains de tennis, de squash et de volley, une patinoire, une piscine olympique, et, une salle « d’entraînement » (ou de musculation). Les étudiants y ont accès moyennant une inscription à un tarif tout à fait avantageux ! Pour toutes les autres salles, l’accès est libre.
L’après midi, je le passe tranquillement chez moi. Ma motivation est toujours aussi faible… Dur, dur de se motiver dans toutes ces circonstances !
A 19h30, j’ai mon deuxième cours d’aïkido de la semaine. En rentrant, j’apprends que les professeurs ont reconduit la grève pour jeudi. Mais cette fois je ne suis pas concerné car mes cours du jeudi sont assurés par un chargé de cours (un sous-prof) et par un vice-doyen (un super prof). Ceux-ci n’appartiennent pas au même syndicat que le syndicat des profs.
Jeudi 17 novembre… Cool j’ai cours !
C’est vraiment dur de devoir se lever à 6h45 quand on a pris l’habitude de ne pas avoir cours le matin ! Mais il serait vraiment dommage de manquer mes cours alors que je n’en ai pas beaucoup ! Ma journée du jeudi a toujours été une journée chargé : j’ai un cours le matin, et un autre l’après midi.
Le cours du matin est un cours de « fondements du Droit ». Après avoir étudié de façon furtive l’histoire du droit Romain et Français puis celle du droit Anglais, nous en sommes arrivés aux époques de conquêtes, l’arrivée des premiers colons au Canada… La bataille entre les français et les anglais. L’abandon des français… Si la première partie du cours ne m’était pas trop inconnue (je dis ça parce que l’histoire de la France, vue du Québec, n’est pas tout aussi idéologique que vue de France), ce que nous étudions désormais est beaucoup plus obscure. Cela demeure vraiment intéressant, notamment pour y comprendre la culture et les coutumes québécoises. Dans ce cours d’histoire du droit, j’ai sympathisé avec trois québécois vraiment très sympathiques : Mary-An, Ariane et Steven. La semaine dernière, Mary-An m’a même offert des bonbons pour fêter l’halloween (comme c’est gentil !) J’étais un peu gêné parce que je n’avais rien à lui offrir pour la remercier de toute sa gentillesse ! En tout cas ce sont trois québécois vraiment intéressant avec qui nous avons pu échanger nos points de vus sur de nombreux sujets…
Vendredi 18 novembre… Rattrapages !
Aujourd’hui, la grève n’a pas été reconduite. Notre prof de droit international privé a décidé de nous coller un rattrapage. En principe, j’ai cru comprendre que les professeurs n’avaient pas le droit de rattraper les cours annulés en raison de la grève. Mais notre prof a profité d’une astuce administrative : il était supposé être absent mardi 15 novembre. Donc le cours de ce jour là n’avait pas eu lieu non pas en raison des grèves, mais de son absence. Le cours peut donc être rattrapé ! En tout cas, notre prof en Droit international privé ne semblait pas vraiment solidaire avec la grève. Il avait même l’air moins bien informé que nous !
Vendredi soir, je suis invité chez Elodie. Elodie est une de mes compatriotes françaises avec qui j’ai été à Tadoussac (le premier week-end d’octobre). Une petite « party » histoire de se retrouver après nos émotions de Tadoussac et de nous rappeler tous nos bons souvenirs de ce merveilleux voyage ! En deuxième partie de soirée, je retrouvais d’autres amis de la fac qui m’avaient donné rendez-vous au night club « le Daomé ». Un lieu fort sympathique avec une déco africaine et une grande piste de danse. La musique était plutôt de type salsa en début de soirée puis c’était plutôt techno ensuite ! C’est amusant, j’ai pu revoir une fille que j’avais rencontrée à la réunion d’information pour les étudiants internationaux en programme d’échange, le jour de mon arrivée à Montréal. Nous étions assis à côté ce jour là ! Puis j’ai dansé sans trop de motivation et en rentrant vers deux heures, il neigeait légèrement. Charmant.
Samedi 19 novembre, fiesta
A force de me coucher de plus en plus tard, je me réveille de plus en plus tard… Logique ? Peut-être. Avec Elodie est d’autres amis de Tadoussac, nous avons décidé d’aller voir le nouveau film d’Harry Potter ! Nous nous retrouvons donc à 14 heures devant le cinéma. Nous achetons nos billets et sommes tout excités ! Il y a foule et le film est à 15h30. Parmi les amis d’Elodie, l’une d’entre elle (Angelina) est accompagnée d’une fille de 8 ans qu’elle garde pour la journée. C’est cool parce qu’elle m’a expliqué un peu comment ça marchait Harry Potter et pourquoi c’est le meilleur magicien du monde… En attendant nous allons prendre un chocolat chaud puis retournons devant l’entrée de la salle où il y a déjà une foule immense ! Nous sommes tous impatients mais devons encore attendre une bonne demi-heure avant d’entrée dans la salle déjà comble ! Tout le monde est tout excité (c’est quand même Harry Potter) ! La lumière s’éteint... à moitié pour les pubs et les bandes annonces (ah ! ah ! Je vous ai bien eu avec mon faux suspens)… puis complètement et le film commence (ouah) ! Je vous laisse aller le voir ! C’est du grand spectacle hollywoodiens !
Ce soir, une nouvelle activité est prévue : une soirée karaoké avec des amis québécois ! Ma première vraie soirée avec des vrais québécois ! Nous nous retrouvons à 21h30 devant le bar karaoké. Ce fut une soirée vraiment joyeuse ! Tout le monde danse, tout le monde chante, tout le monde boit et tout le monde est heureux… C’est vraiment appréciable de voir toute la simplicité dans laquelle se déroule cette soirée. Simplicité sans laquelle le tout serait beaucoup moins beau. Je suis appelé au micro pour chanter les Cactus (de Jacques Dutronc)… J’ai à peine enchaîné les deux premières syllabes que nous sommes déjà 4 au micro pour ce chant très rock ! La soirée se poursuit dans cette folle ambiance qui lui est propre, jusqu’au bout de la nuit !
En rentrant chez moi je souhaite bon voyage à mes parents qui s’apprêtent à rentrer à Paris. Ils venaient de passer un week-end en amoureux à Barcelonnette. Moi, je m’endors et songe aux prochains jours qui arrivent et notamment à ce voyage dans le sud-ouest des Etats-Unis dans dix jours… Ma semaine s’achève en même temps qu’une autre commence… Assurément, la vie est belle. November 16 Et l'hiver s'annonça...Mardi 15 novembre, 8h00… Le jour vient à peine de se lever et voilà que des flocons de neiges commencent à descendre tout doucement du ciel. C’est officiel, c’est la première chute de neige de l’année (enfin je devrais plutôt dire de la saison hivernale qui débute)…
C’est étrange mais cette première chute de neige s’est déroulée comme si tout avait été préparé la semaine précédente, comme si tout le monde était au courant qu’elle aurait lieu ce jour là. En effet, le week-end précédent, l’automne était encore bien réel mais des fortes ravales de vent avaient achevé de faire s’envoler les dernières feuilles les plus résistantes des arbres. Dans les rues, en bas des maisons, les habitants s’étaient tous occupés une grande partie du week-end à ramasser à la pèle toutes ces feuilles mortes. Puis, lundi, tout devint calme. Le soir, la lune brillait de toute sa splendeur et le ciel, dégagé, était d’un bleu marin éclatant. Une fraicheur hivernale se répandit alors dans toute la ville…
Mardi matin, donc, il se mit à neiger à 8h00. Des petits flocons tout mignons qui se répandirent dans toute la ville. Malgré le jour qui se levait le climat resta le même et la neige résista aux tentations de devenir de la pluie jusqu’aux premières lueurs de la nuit. Il était tombé environ dix centimètre de neige.
Malheureusement, notre ami l’automne a décidé de ne pas se laisser faire et le climat s’est réchauffé. Actuellement, c’est une vraie pluie d’automne qui lutte pour garder la primeur de sa saison. Qu’à ne cela tienne, je sais désormais à quoi m’attendre et j’ai pu commencer mon entraînement de marche sur la glace… Il reneigera bien tôt ou tard et nous aurons tout le loisir de vraiment en profiter ! November 02 Randonnée au Mont-TremblantChers tous,
Après la visite de mes parents à Montréal, j'avais prévu de partir en randonnée au Mont-Tremblant avec d'autres étudiants de l'UdeM (Université de Montréal).
Le Mont-Tremblant est un Parc National québécois très réputé, car il est situé à la fois à proximité d'Ottawa et de Montréal (1h30 de route environ). Il accueil de nombreux randonneurs en été et laisse la place aux skieurs l'hiver.
Ce week-end fut très agréables. Nous étions 10 au total, 9 étudiants français et une étudiante québécoise. Je vous laisse découvrir par le récit-photo du blog toutes nos joies de ces deux jours de marche ! October 30 Relâche sans pause
Chers amis,
Le mois d’octobre touche à sa fin, et je commence mon troisième mois à Montréal. Ici, le beau temps exceptionnels que nous avions eu jusqu’aux premiers jours du mois d’octobre se sont raréfiés pour nous offrir le magnifique spectacle de l’automne. C’est dans ce contexte que j’ai vécu les trois semaines de cours. Les trois premières semaines d’octobre furent plutôt studieuses. Sans pour autant m’enformer dans une routine de travail quotidien, je m’efforçai tant bien que mal, de travailler les quatre matières qui occupent mon quotidien ce trimestre. Je vous avoue que j’ai du mal à trouver une grande motivation, mais je fais ce que je peux. Le fait d’avoir des examens pour deux des quatre matières fut surement une (légère mais onctueuse) source de motivation ! J’allais enfin pouvoir me tester… La semaine ayant précédé les examens, les professeurs ont eu la bonne idée de nous indiquer à quoi nous allions bien pouvoir nous attendre. Il s’agira grosso modo de questions de cours, qui toutefois, demandent une certaines dose de réflexion pour que la réponse soit complète. Pour nous aider à répondre aux questions, nous avons le droit d’utiliser nos notes de cours, ainsi que le recueil de jurisprudence et de textes que nous avons du acheter pour chaque matière. A priori ça semble simple, facile… Cependant les questions sont plus périlleuses qu’il ne paraît au premier regard. Heureusement, pour cette grande première, les épreuves ne sont pas préjudiciables : elles ne compteront pas si notre note d’examen final est supérieure à la note de cet examen dit « intra ».
C’est à la fin de ces examens que tout s’est enchaîné… Le soir même de mon deuxième et dernier intra, mes parents sont arrivés à Montréal ainsi que mon parrain. C’est que, après deux mois de cours, nous avions droit à une semaine de congé. On appelle cette semaine « semaine de relâche ». Pour certains étudiants il s’agit d’une semaine de « lecture » (c’est surtout le cas quand les examens intra se déroulent juste après cette semaine). Pour moi, ce sera en partie une semaine avec ma famille. La joie est trop grande. Je suis vraiment heureux de les retrouver. Depuis que je prépare mon voyage, ils ont toujours été derrière moi. J’ai de la chance car l’amour de ma famille est immense. Ils ont de la chance car ils sont accueillis chez un ami à Montréal. Enfin nous avons de la chance car le lendemain de leur arrivée (nous sommes vendredi 21 octobre), le ciel est complètement dévêtu de tout nuage. Ce fut une journée idéale pour visiter ensemble le quartier olympique de Montréal : le stade olympique, le Biodôme, puis le magnifique Jardin Botanique. Je pourrais me lancer dans des descriptions interminables de la vue de Montréal du haut de la tour, des animaux que j’ai vus au Biodôme et terminer par tout un récit sur le Jardin Botanique. Mais je pense que les photos de mon blog parlent d’elle-même.
Le week-end (22 & 23 octobre), nous sommes partis à Québec. Je fis découvrir à mes parents des spécialités locales du Québec comme la poutine (prononcer « POUTZINE ». Ce délicieux plat est composé de frites sur lesquelles sont versées une sauce (dont personne ne connaît les ingrédients) et le tout est couronné de morceaux d’un fromage un peu plastic). On dégusta ce plat dans un petit resto à la sortie de l’autoroute. Délicieux ! La visite de Québec fut rapide… Nous étions surtout en balade. Nous sommes ensuite allés passer la soirée dans le petit chalet d’un ami. Puis nous y avons dormi. Le lendemain nous avons repris la route. On a flâné dans le grand marché couvert de Québec, tout garni de citrouille. Puis nous sommes allés visiter l’Île d’Orléans. Puis nous sommes rentrés vers Montréal en faisant un détour par le Parc de la Mauricie. Nous y sommes arrivés dans les dernières lueurs du jour. Tout juste le temps de prendre une photo et on ne voyait déjà plus rien.
Mes parents sont ensuite restés trois jours à Montréal. Quand je parle de mes parents, je fais référence à mon père, ma mère et à mon parrain qui était là ces quelques jours également. Mon parrain est un des meilleurs amis de mon père. Il est Américain des Etats-Unis et il vit à Peoria, une ville d’Illinois (à 200 km de Chicago). Il est vraiment très sympathique. Toujours souriant. Je ne l’ai jamais vu se mettre de mauvaise humeur. C’est très agréable de passer quelques jours en sa compagnie !
A Montréal nous en avons profité pour magasiner tout en découvrant les rues typiques de la ville (comme la rue St-Denis), les parcs (Jean Drapeau, Mont Royal), mais aussi mon Université. Bref nous n’avons pas perdu une seconde. Leur compagnie fut vraiment agréable. J’ai vraiment été chouchouté en plus. Mais ils sont repartis mercredi soir. J’étais vraiment triste. Gibran disait dans Le Prophète que c’est quand les gens nous quittent qu’on se rend compte combien on les aime. Ils sont partis en me laissant seul avec tous les vêtements d’hiver qu’ils m’ont acheté durant notre magasinage. Je devais me rendre compte que la vie reprenait à Montréal et que cette vie était sans eux. Heureusement, grâce à Internet ils sont toujours là pour m’encourager. Je n’ai pas le temps de souffler, que déjà je dois me préparer à partir en randonnée… (À suivre). October 24 Toutes les réponses à toutes vos questionsDes questions… Voici les réponses !
Vous m’avez tous posé de nombreuses questions depuis mon arrivée. Ce sont des questions simples qui appellent souvent à des réponses courtes et je vous ai souvent répondu dans la précipitation. Ici, j’ai compilé la plupart de ces questions. Souvent, vous me les avez posées à mon arrivée et je vous ai répondu dans une certaine précipitation. Ce sont donc de nouvelles réponses à des questions déjà posées. Mes réponses ont donc surement évoluées, à vous de le voir !
La vie quotidienne :
Ä Comment se passe ton séjour? Mon séjour se passe bien. Voilà maintenant deux mois que je suis arrivé et j’avoue que tout est vraiment passé très vite. Entre les démarches administratives des premiers jours, puis le désir de tout découvrir des semaines suivantes, je n’ai pas l’impression de m’être beaucoup posé depuis mon arrivée. C’est assez étrange car le dépaysement du départ donne un sentiment d’être toujours en « vacances ». Dans ces conditions, on a du mal à vraiment se mettre au travail (alors qu’il faudrait !)
Ä Comment va la vie québécoise? La vie québécoise est très agréable. Les québécois sont calmes. Ils ne jugent pas les gens qu’ils voient et sont souvent plus patients que nous le sommes en France.
Aussi, les commerces sont très nombreux à Montréal. Ils sont tous ouvert le dimanche et ils ferment plus tard en semaine (vers 21h)… Les commerçants prennent toujours le temps de répondre à toutes les questions que l’on peut se poser (et ils répondent mêmes à celles qu’on ne pense pas toujours à leur poser. Mais cette qualité qu’ont les québécois de prendre leur temps avec tout le monde à son revers de la médaille car nous devons également faire preuve d’une grande patience quand il y a quelques personne devant nous à une banque ou à la caisse d’un supermarché !
Ä Comment est ton logement ? Et ton quartier ? Mon logement est à la hauteur de la qualité de vie du Québec : calme, agréable et spacieux. Mon appartement est au premier étage d’une maison comprenant 2 étages (donc 3 niveaux avec le rez-de-chaussée). Il y a une grande chambre, une salle de bain, et une cuisine qui fait aussi salle à manger & salon… Enfin, en bonus il y a un petit balcon, le tout dans un environnement très calme et agréable.
Le quartier est très cosmopolite. Il y a la communauté israélite juste à l’ouest. Au sud vivent les communautés portugaises et grecques et enfin au nord de mon quartier, il y a le « quartier Italien ». Bref c’est un quartier hétérogène, vraiment sympathique.
Ä La France ne te manque pas trop? Personnellement, je me sens bien ici au Québec. Certains jours, je suis moins enthousiaste que d’autres jours, c’est sur. Mais je n’ai pas eu l’impression depuis mon départ que c’était la France qui me manquait en particulier.
Disons pour être simple que je me rends compte en étant ici, à Montréal, que je suis reste fidèle à mes racines françaises et que je m’aperçois à quel point il est dur de prendre du recul par rapport à cette culture et qu’on est bien plus patriote loin des terres de son pays qu’on ne l’est quand on est chez soit ! Bref, vive la France !
Les études au Québec
Ä Comment se déroulent tes cours ? Le système universitaire Québécois ressemble un peu au système Français. Le baccalauréat est leur diplôme qui équivaut à notre Licence. Il vient sanctionner les études après trois longues années. Après le baccalauréat, la plupart des étudiants commencent à travailler, d’autres vont essayer de faire une maîtrise, équivalent de notre tout nouveau « master ». Puis ils peuvent toujours continuer en finissant par faire une thèse (un doctorat)… Bref on est proche du système LMD.
Pour ma part, je ne m’intègre pas vraiment dans ce cursus québécois puisque je passe mon année pour avoir ma licence française. Je choisi donc mes cours parmi ceux qui sont proposé dans le programme du baccalauréat en droit des Québécois. Au total, j’ai quatre cours. Chaque cours dure trois heures. J’ai donc douze heures de cours en tout.
En dehors des cours, les professeurs nous n’avons pas de devoirs à rendre. Il n’y aucune note de « travail continue ». (Cependant, c’est spécifique à la faculté de Droit de l’Université de Montréal (UdeM), car dans d’autres facultés de l’UdeM, les étudiants doivent rendre des devoirs régulièrement, de même que dans d’autres facultés de Droit, ailleurs au Québec). Cependant, pour chaque matière nous avons du acheter un « recueil de textes et de jurisprudences ». D’une semaine sur l’autre, nous devons lire un certains nombre de ces textes. C’est un travail très rébarbatif mais important à faire si on veut comprendre le cours suivant… Au risque d’être complètement perdu !
Ä As-tu des stages et des expériences professionnelles ou n'as-tu que des cours à la fac ?
Vous l’aurez peut être compris, donc, en lisant la réponse précédente. Je n’ai que des cours à la fac. Je n’ai aucune obligation de faire un stage.
Ä Est-ce que le niveau scolaire et estudiantin est le même qu'en France ? Est-ce que les jeunes sont aidés ? Ont un job comme aux USA ?
Il y a de grandes différences entre le système d’études ici et en France. Je pense que l’UdeM est dans son fonctionnement une véritable université Nord Américaine (tout en étant une université Francophone). Nous vivons sur un véritable campus. Les installations sont gigantesques : l’université dispose d’un complexe sportif immense, d’une clinique sportive, d’un hôpital pour enfants, d’un cinéma… Sur le campus, chaque faculté possède son « bar étudiants », sans oublier une grande cafétéria.
Concernant le niveau des études, je ne pense pas qu’il soit moins bon ou meilleur, mais il est juste différent. Ici, les cours sont beaucoup plus axés d’un point de vue pratique (c’est le pragmatisme anglo-saxon qui prime). C’est assez déroutant au départ car ça change radicalement des cours théoriques, des dissertations et des commentaires d’arrêt… Mais il ne faut pas croire que l’aspect pratique fait disparaître le théorique, bien au contraire : derrière le pratique se cache le théorique. Ainsi, aux examens, nous avions « simplement » plusieurs questions de cours. Ca pouvait paraître simple mais en relisant à deux fois les questions, on s’aperçut vite qu’une réflexion approfondie sur la question était nécessaire pour répondre.
Concernant le cout des études au Québec, les québécois ont accès à l’université assez facilement : pour un Québécois, il en coûtera environ 1000$ par trimestre (donc 2000$ par année). A cela il faut ajouter les manuels scolaires (300$ par trimestre) puis tous les frais des activités… Disons qu’une année d’étude pour un Québécois au Québec coutera environ 3000 à 3500$. Les canadiens non québécois qui étudient au Québec payent environ 2500$ par trimestre. Enfin, les étrangers payent « plein tarif ». Là, il faut compter 5500$ par trimestre.
Je ne connais pas trop le système de bourses pour les étudiants mais je sais qu’il existe… Cependant il ne m’a pas semblé aussi développé que le système de bourse en France et semble seulement destiné à des étudiants d’élite ! Enfin je dis ça mais je n’en sais rien.
Les québécois & le Québec ?
Ä Tu n'es pas trop agacé par l'accent québécois Comme il y a des québécois très sympa qui lisent mon blog, je ne me risquerai pas dans de longs débats théoriques et historiques sur l’accent québécois. Bon je pense m’être un parti habitué à leur accent et s’il peut paraître abrupt pour un novice, je n’ai plus de souci à ce niveau… Mais je dois quand même avouer que, après deux mois à Montréal, je demande toujours aussi souvent aux Québécois de répéter leurs phrases !
Par contre, ne vous attendez pas à ce que je vous face à one man show à mon retour sur leur accent car je n’ai pas encore toutes leurs techniques pour parler aussi bien qu’eux ! (Mais on verra…)
Ä Quelles sont les particularités du pays? Il y aurait beaucoup à dire sur le Québec (une nation qui cherche à devenir un pays ?)
Ä A quoi occupes-tu tes week-ends? Tu peux faire des activités sympas? Comme vous avez pu le constater, j’ai profité de mes week-ends pour découvrir le Québec & visiter Montréal de jour comme de nuit. Il y a vraiment des centaines de chose à faire à Montréal et au Québec, à commencer par découvrir la faune ! Je vais partir en randonnée le week-end prochain. J’ai d’autres projets en perspectives donc je vous tiens secret pour l’instant… Bref, j’ai un emploi du temps déjà chargé pour les jours à venir et pour l’instant, je profite de la présence de mes parents qui sont venus passer la semaine à Montréal !
Sinon, en semaine j’ai aussi d’autres activités amusantes : je fais de l’aïkido le lundi et le mercredi. J’essaye aussi d’aller au cinéma de la fac qui passe des films de répertoires assez sympa. Sinon il y a aussi le complexe sportif de l’UdeM…
Ä As-tu fais rencontré des québécois ? Depuis mon arrivée, j’ai rencontré beaucoup de monde. Beaucoup sont des français. D’autres sont Québécois, Marocains, Suédois… Les Québécois sont des gens généralement très sympathique et très bavard (ce qui tombe bien, car je le suis aussi). Montréal est une ville vraiment cosmopolite et les gens viennent du monde entier ! On entend parler toutes les langues dans la rue. C’est assez incroyable.
La religion
Ä Tu as une aumônerie catholique ou c'est plutôt protestant là-bas? Comment vis-tu ta foi? As-tu intégré l'aumônerie de ta Fac, es-tu sur paroisse?
J’ai été à la messe le plus possible le dimanche depuis mon arrivée. Le Québec est une province catholique. Ce sont d’ailleurs en grande partie grâces aux pressions des instances catholiques que le Québec est toujours francophone aujourd’hui.
Cependant, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les églises ont été désertées et celles où j’ai été depuis mon arrivée semblaient toujours un peu tristes car elles sont toutes immenses… mais vide.
J’ai été à la messe de la communauté Catholique de l’Université de Montréal. Les gens y ont été très chaleureux et très accueillant. C’est sur que c’est un peu dommage car nous ne sommes pas très nombreux. Je vais essayer de participer à certaines activités proposées par la communauté.
Les baleines de Tadoussac :
Ä Sont-elles aussi grosses que l'on prétend? Oui, ce sont vraiment des animaux gigantesques. Les baleines que nous avons vues sont les plus petites : les bélugas. Cette baleine pèse cependant 8 tonnes et était plus grande que les zodiacs dans lesquels nous étions.
Or, sachez que la baleine bleue (la plus grande des baleines) pèse jusqu’à 120 tonnes ! La langue de la baleine bleue pèse à elle seule jusqu’à 12 tonnes !
Ä Sont-elles belles ou plutôt laides? Il y a des poissons horriblement laids comparés à la baleine ! C’est un animal esthétique… Certainement moins que le dauphin. Toutefois de voir un béluga faire une vrille en sortant de l’eau resta un moment impressionnant !
Ä Nagent-elles "plus vite que le vent" ou sont-elles plutôt du genre "tortue"? Les baleines que nous avons vues se déplaçaient tranquillement. Elles nagent sous l’eau quelques minutes puis ressortent de temps à autre pour reprendre leur souffle ! Je ne suis pas un spécialiste des baleines mais si vous voulez en savoir plus n’hésitez pas à consulter l’encyclopédie wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Baleine
En tout cas, voilà pour toutes ces réponses à vos questions ! Encore une fois, je félicite tous ceux qui auront eu le courage de me lire jusqu’à cette ligne ! Vous pouvez également admirer les photos que je mets régulièrement sur mon espace perso. N’hésitez pas non plus à m’envoyer des courriels de temps en temps ! J October 04 A la recontre des BaleinesChers tous,
Après cinq semaines passées à Montréal, j'ai enfin eu l'occasion de partir m'évader dans la nature Québécoise. Pour un parisien comme moi, Montréal est une ville qui est très "verte", dans le sens que les parcs et jardins y sont extrêmement nombreux et chaque rue ruisselle d'arbres, de fleurs et de verdures au point qu'on rencontre chaque jour des écureuils en sortant de chez nous ! (Ah, ces parisiens!) Oui, Montréal est une ville bien verte ! Mais Montréal reste une ville et ses verdures ne sont qu'une goute d'eau face à l'immensité, la grandeur et la splendeur de la Nature (La Vraie) qui existe dans tout le reste du Québec ! C'est ce que j'allais justement découvrir dans ce magnifique week-end passé à Tadoussac puis à Québec.
Au départ, le but ce week-end de trois jours était bien simple : il s'agissait de partir à 700 ou 800 km au Nord de Montréal pour aller à la rencontre des baleines, dans la baie de Tadoussac, un endroit resplendissant. A Tadoussac, le fleuve Saint Laurent fait plus de 40km de large... En fait à Tadoussac, le Fleuve Saint Laurent est devenu Mer : l'eau est salée, et les marées y ont leur influence. A Tadoussac toujours, il n'est pas la peine d'aller au milieu du fleuve pour voir les baleines, car à Tadoussac les profondeurs du fleuve sont de 200 à 1000 mètres à peine avons nous pris le large ! Enfin, à Tadoussac, la faune fluviale, enfin maritime, y est prospère. Finalement, à Tadoussac tous les éléments sont réunis pour que les baleines vivent heureuses et c'est pour cet ensemble de circonstances favorables que les baleines y sont si nombreuses ! Plus besoin de préciser pour quelles raison les organisateurs du week-end nous y conduise pour voir des baleines !
Alors, nous avons pris la route ce matin du vendredi. L'itinéraire semblait long en effet nous avions 9h de route. C'est un peu comme si un Lillois partait faire de la plonger sous marine à Marseille. Nous avons donc pris la route en minibus. Notre groupe se composait d'une douzaine étudiants de Montréal. En chemin, peu de temps avant d'arriver à Québec, nous avons retrouvé la deuxième partie du groupe : autant d'étudiant venant de l'université du Québec en Outaouais (près d'Ottawa). Ensemble, donc nous étions une bonne trentaine et les deux organisateurs nous avaient concocté un véritable programme de rêve, mais ça, nous ne le savions pas encore.
Notre aventure pris une toute autre couleur quelques minutes après avoir passé la ville de Québec, là, nous découvrîmes une faune que nous ne pouvions imaginer dans nos rêves les plus fous : une route au milieu qui n'a ni début ni fin et autour de cette route des arbres, une forêt aussi dense que la forêt amazonienne avec des arbres à la couleur de l'automne. Chaque arbre semble se battre pour exposer aux yeux du peu de monde qui passe ses feuilles colorées. L'ensemble forme un paysage radieux et se paysage devient magique lorsque surgit tantôt sur notre droite, tantôt sur notre gauche un "petit" lac aussi bleu que la neige est blanche et faisant resplendir l'ensemble dans un univers devenu magique.
Notre rêve pris fin quelques instants plus tôt lorsque nous fîmes une pause à la tombée de la nuit dans une station service ! En effet nous faillîmes y passer la nuit car Raymond, notre sympathique chauffeur, commença à remplir le réservoir par la mauvaise essence... L'erreur fut vite constatée (il n'avait été versé que 10 litres dans un réservoir pouvant en contenir 120) ! Heureusement, juste en face de la station service, un sympathique garagiste du nom de Roger Savard succomba au charme de Marlène et nous indiqua après de rudes négociations qu'il n’était pas grave d'avoir mis si peu de mauvaise essence si on remplissait tout le reste du réservoir (donc 110 litres) avec la bonne essence ! Ouf ! Nous pûmes donc repartir et ce fut vers 19h que nous arrivâmes enfin à Tadoussac alors que la nuit avait effacé les couleurs qui nous avaient faites rêver quelques instants plus tôt ! Nous fûmes accueillis dans l'auberge de Jeunesse de Tadoussac, lieu fort sympathique où il y régna une ambiance très chaleureuse.
Cette soirée à Tadoussac fut assez courte en y repensant. Elle nous a permis de faire connaissance un peu mieux avec les autres personnes du groupe. Dans le bistrot de l'auberge, un chanteur local vint animer la soirée mais son répertoire n'était pas typiquement Québécois mais vraiment varié (ça allait de Georges Brassens jusqu'aux Rolling Stones!) La soirée fut vraiment agréable.
Samedi matin... La grande aventure, enfin ! Ce matin nous sommes tous prêt à l'heure pour participer à l'évènement qui nous à rassemblé pour ce week-end. Psychologiquement nous savons qu'il risque de faire froid et nous sommes habillés en conséquence. C'est en Zodiac que nous iront rencontrer nos amies les baleines. Le chemin jusqu'au fleuve n'est pas long : il suffit d'emprunter un petit chemin qui coupe la forêt de Tadoussac et qui nous mène jusqu'au port ! La, nous sommes équipés : le gilet de sauvetage est une grande veste prévu pour protéger du froid (et normalement aussi de l'eau) et nous sommes également revêtu d'un pantalon pour protéger de l'eau. Puis nous embarquons sur le bateau de Frédéric, celui-ci même qui nous avais conseillé la veille de ne «surtout pas" embarquer avec lui... Mais nous avons le gout de l'aventure !
La promenade en zodiac dura trois heures... Trois heures pour une éternité (comme dirait l'autre) ! C'était incroyable car nous sommes toujours restés proche de la côte et pourtant les baleines étaient nombreuses. Tranquilles elles se baladaient à la recherche de nourritures. Elles n'étaient pas effrayées par notre présence. Pour les apercevoir cependant, il s'agissait d'avoir la plus grande vigilance. En effet la baleine ne sort de l'eau que de temps à autre il faut donc veiller au moindre mouvement dans l'eau tout en distinguant le mouvement des vagues des autres mouvements ! Puis, parfois, une baleine sort de l'eau à l'endroit où nous nous trouvons... Ces instants sont uniques et nous voyons rarement le corps entier de la baleine. Durant ces trois heures nous en avons vu une faire une vrille en sortant de l'eau. Une autre est sortie bouche la première. Une autre encore nous a montré sa queue en replongeant dans l'eau. Mais pour comprendre l'intensité d'une telle expédition, il faudra vous rendre à Tadoussac maintenant !
Après ces trois heures fabuleuses passées sur le zodiac, nous avons déjeuné à Tadoussac (chez le Père Coquard) puis nous avons repris la route vers Québec après une dernière promenade dans les hauteurs de la ville.
C'est l'auberge de Jeunesse internationale, en plein centre ville de Québec qui nous a accueillis à notre arrivée le soir. La soirée fut vraiment animée. Nous avons dîné dans un sympathique restaurant italien. Après ce sympathique dîné nous avons été dans un bar/club qui s'appelle "Le Fétich" ! Ce bar propose tous les samedi soir une entrée pour les filles à 3$ qui leur permet de bénéficier de 4 consommations ! Un groupe de scandinave qui avait fait le même voyage que nous la semaine précédente avait été scandalisé par de telles méthodes "discriminatoires" visant à foire boire les filles ! Pour nous, bon français que nous étions nous avons partagé les consos des filles ! (Et oui les scandinaves avaient cas y penser plutôt que de crier au scandale!) Après avoir bien bu nous sommes partis pour un autre bar night club : le Dagobert. C'est LA boite de nuit de Québec ! C'est un lieu magique sur trois étages : au premier étage la salle accueille des groupes de hard rock & ska de grande qualité dans une salle en délire prête à tout faire exploser (à commencer par nos propres tympans) ! Au deuxième niveau c'est la disco. La piste de danse est aussi vaste qu'un terrain de hockey mais elle est remplie par une foule qui vient d'on ne sait ou. L'ambiance est vraiment sympa car ici les gens ne se jugent pas et on ne se sent vraiment pas oppressé. La soirée tourne bien et on s'amuse à ne plus en finir...
Mais le lendemain le réveil est tout de même assez rude ! A 10 heures, une visite de la ville de Québec est organisée. Québec est une ville très charmante (mais je crois que je me répète un peu avec ce mot) ! Bref je vous conseil vivement, à vous tous qui me lisez encore actuellement, de venir visiter Québec au moins une fois dans votre vie ! C'est une ville riche en histoire qui a préservé son centre historique des évolutions présente et qui resplendit d'une beauté éclatante !
Après cette visite nous avons eu un temps pour nous. Ce fut pour moi l'occasion d'aller retrouver une copine d'ASSAS (Iris) qui étudie à l'université Laval à Québec. Le campus de son université est vraiment bien (aussi bien que le miens!) Et sinon ça m'a vraiment fait plaisir de la revoir (c'est quand même cool)!
Finalement tout est passé bien vite durant ce week-end et à 15h30 il était déjà temps de reprendre la route, de rentrer à Montréal. Vers 17 heures nous avons fait notre dernier arrêt. A mi chemin entre Québec et Montréal, nous avons partagé notre dernier repars avec tout le groupe (les gens de Montréal et les gens d'Outaouais) et nos organisateurs nous ont même offert en apéro du champagne ! (A croire qu'au final on a vraiment été un groupe sympa).
Parmi les organisateurs de ce week-end, l'un d'entre eux s'appelle Jonathan. C'est vraiment une personne extraordinaire qui nous a éblouis par son enthousiasme mais surtout par ses connaissances qui semblaient aussi vaste que le sont les forêts qui nous entouraient sur la route ! Jonathan nous a éclairés sur tous les sujets que l'on voulait et il aurait même été capable de nous faire un cours d'histoire de France s'il l'eut fallu !
Après ce dernier repas tous ensemble nous avons fini par dire au revoir au gens d'Outaouais en espérant les revoir pour une prochaine aventure (peut être une journée en chiens de traineaux). Nous avons repris la route et ce fut vers 22heures que nous arrivâmes à Montréal.
Ce week-end fut vraiment riche. Après un mois passé à Montréal j'ai enfin pu m'évader un peu. Comme je le souhaitais depuis mon départ, j'ai enfin commencé à découvrir le monde magnifique dans lequel je me suis installé. Au delà de cette évasion, ces trois jours m'ont également permis de rencontrer d'autres personnes qui ont quitté leur pays comme moi. L'échange était vraiment intéressant car nous avons pu partager nos impressions depuis notre départ, nos craintes et nos espoirs sur notre séjour... Nous nous sommes rendus comptes que nous n'étions finalement plusieurs dans une situation qui pouvait être plus ou moins identique même si nous avions chacun notre manière de ressentir les choses. Bref ce fut un week-end génial, tout simplement ! September 25 Premier mois : le mois du contradictoire !Et voilà, cela fait donc un mois que je suis arrivé à Montréal. Un mois tout juste. Il était 22h quand mon avion s'est posé sur Montréal. Du ciel, j'avais pu découvrir la ville de nuit. On y voyait l'urbanisme carré de la ville que j'allais découvrir. Du ciel toujours on pouvait découvrir de larges espaces verts au milieu de cet urbanisme très à l'Américaine.
Un mois déjà... En y repensant, je me dis que le temps est passé très vite. Je me voie encore poser mes valises dans le taxi qui allait m'accompagner dans mon nouveau quartier. Et pourtant tous les jours n'ont pas été joyeux. Mais le temps est passé vite et j'ai toujours l'impression d'être la semaine dernière. Est-ce bon signe? Je n'en sais rien.
Je n'ai pas l'impression d'avoir fait grand chose, mais je n'ai pas l'impression non plus de n'avoir rien fait. J'ai du trouver un logement, établir des repères géographiques, mais aussi sociaux. J'ai fais connaissances avec d'autres français et étrangers de l'Université de Montréal, j'ai aussi fais connaissance avec quelques Québécois mais ils sont moins nombreux...
Le monde dans lequel je suis arrivé est à la fois très différent du monde que j'ai quitté et pourtant, tout semble se ressembler. Les ressemblances sont réelles, et le dépaysement est atténué car ici on parle français. Plus largement le phénomène de mondialisation fait que la culture occidentale Nord-Américain et la culture Occidentale Européenne sont très proches les unes des autres. Aussi, mes fréquentations ne sont pas tellement originales, ici j'ai rencontré des Français, beaucoup de Français, quelques Européens et quelques Québécois... L'univers que je me suis créé tout au long de ce mois à donc de nombreuses similitudes avec l'univers que j'ai quitté voici un mois...
Mais pourtant, ici, tout semble également très différent : différents car mon quartier est vraiment hétérogène et les communautés grecques, portugaises, italienne et juives y cohabitent sans souci. Différent également car en dépit de la langue commune, la culture Québécoise, très nord américaine change radicalement de la culture française, beaucoup plus latine. Différences toujours car Paris est une ville toute étroite et ici à Montréal on est en plein dans le gigantisme Nord-Américain (everything is bigger)... Enfin les différences s'immiscent jusque dans les cours puisque la méthode éducative de l'Université de Montréal est radicalement différente. Ici, plus de TD, la seule motivation que peut avoir l'étudiant est en fait financière (libéralisme, quand tu nous tiens!) Plus de grands amphithéâtres non plus, ici "les cours magistraux" ne rassemblent pas plus de 40 élèves !
C'est cette sensation de contradictoire qui me vient le plus en tête quand j'essaie de faire le bilan de ce premier mois passé outre Atlantique... On dira donc de mon premier mois à Montréal qu'il est le mois du Contradictoire ! September 16 Merci !Chers tous,
Voilà maintenant 3 semaines que j'ai débarqué à Montréal ! Et je sais que beaucoup d'entre vous me réclament des photos, mais ne vous inquietez pas elles arriveront tôt ou tard.
Je voulais vous remercier, tous, chacun d'entre vous, qui avez pris le temps de m'envoyer des messages d'encouragement depuis mon arrivée ! Je vous avoue que mon arrivée fut dans un premier temps épuisante (oui j'ai ressenti une grosse fatigue les 10 premiers jours) et que maintenant que je suis en pleine forme, il faut que je m'adapte et que je découvre la nouvelle vie qui m'attend à Montréal.
Je vais vous parler un petit peu des cours et de l'ambiance, ici, à l'Université de Montréal. L'Université de Montréal (ou UdeM) accueille environ 50 000 étudiants plus 6 000 étudiants étrangers. Ce qui fait d'elle l'une des plus grosses université francophone du monde ! :) Très vite on y découvre une multitude de choses. Les activités proposées sont nombreuses et on sent l'existence d'une vie étudiante très très forte (bien plus qu'en France)... Mais (et c'est ça qui est étrange)... En dehors de ce cadres d'activités prévues, il y règne une ambiance super individualiste. (Infuence Nord Américaine, bien certainement!) Bref c'est tout à fait destabilisant de voir cette ambiance double dans cet univers gigantesque !
Concernant les cours, c'est tout à fait différent du système universitaire français. Ici il n'y a pas de TD, pas de cours fondamentaux et de cours complémentaires. Il y a juste une série de cours qui durent chacun 3h par semaine. Il n'y a pas non plus de grand amphithéatre (ni même de plus petits amphithéatre) mais seulement des salles de cours ne pouvant accueillir qu'environ 30 à 50 étudiants... Et nos professeurs font leurs cours dans ces salles, en public bien plus restreint qu'à Paris ! L'aspect magistral du cours disparaît complètement pour laisser place un aspect plus intime, plus personnel entre le prof et les étudiants. Chacun est libre de l'interrompre pour faire une remarque ou poser une question... Au final on pourrait presque se croire dans une classe de lycée (même si nous restons libre de nous présenter au cours, ou pas). Mais malgré cette ambiance, cela n'empeche pas une petite minorité d'étudiants d'arriver en retard ou de partir plus tot (en plein milieu du cours) sans que ça ne gène personne !
Bref, les Us et Coutumes de Montréal semblent donc bien différentes qu'en France et c'est tout à Etat d'esprit qu'il me reste à découvrir (encore) et à m'imprégner !
Pour l'instant je rencontre beaucoup d'autres étudiants étrangers. Une majorité de Français. Quelques suédoises aussi. Une belge. J'ai également pu discuter avec quelques québécois et québécoises.
Enfin, la semaine prochaine je me lance dans une nouvelle activité sportive : l'Aikido ! Et oui au début je voulais faire du tennis mais le soir même du jour des inscriptions, le cours était complet (snif) alors je me suis résolu à m'inscrire à un cours d'Aikido ! :D
Bref encore de nombreuses choses m'attendent donc. En tout cas même si je suis bien installé ici, à Montréal, vous me manquez tous et sachez combien j'apprécie de recevoir de vos nouvelles de temps en temps c'est vraiment très réconfortant !
Rémy September 01 Bienvenue !Comme vous le savez tous, je suis désormais à Montréal et pour un an...
Beaucoup d'entre vous m'ont demandé les quelques jours avant mon départ si je n'étais pas inquiet ou bien si je n'avais pas peur de partir. Je vous répondais tranquillement que je me sentais bien et c'était vrai. Avant le départ il n'y a pas de raison de s'inquiéter... Mais je peux vous dire qu'une fois arrivé là bas ce fut une toute autre affaire. Le temps d'un voyage et on prend petit à petit conscience de ce qui arrive. Car en réalité ce n'est pas le départ qui est troublant. Le départ est une chose dont on à l'habitude. C'est en fait à l'arrivé que l'on prend conscience de l'importance du départ.
Quand je suis parti pour Reims un jeudi matin du milieu du mois d'août, je savais bien que 10 jours plus tard j'arriverai à nouveau de la ville d'où je suis parti, de ma ville : Paris. De plus je ne suis pas parti seul ce jour là puisque nous étions 30 et même 800 000 au milieu de ce chemin ! Mais là je suis parti et c'est à mon arrivé que j'ai compris que j'étais seul et qu'en plus le retour était loins d'être immédiat. Il fallait admettre que mon arrivée se situait à Montréal et je vous avoue maintenant, après une semaine, que tout ceci est effrayant. D'autant plus qu'on pourrait croire que les Quebecquois parlent la même langue que nous, pourtant c'est bien dans un monde différent dans lequel je suis arrivé.
Bref tout ceci pour dire que c'est en arrivant qu'on se rend compte combien chaque personne que j'ai pu rencontré en ce beau mois d'août vont me manquer et j'espère que vous me donnerez de vos nouvelles aussi souvent que vous pourrez ! Dieu nous a donné d'aimer alors sachez bien que je vous aime tous! (Et certains encore plus que d'autres! )
Rémy February 07 Adrien... dit "Coach"!Alors voilà que dire sur Adrien???!!! Simplement, Adrien est un très très très bon ami ! Que dire si ce n'est qu'il est calme, posé... Comme le dise si bien nos amis du sud, il est "TRanquille" (bien accentuer l'intonation sur le "nquii""...) Mais ce que vous devez maintenant savoir, c'est qu'adrien est devenu mon "Coach Sportif"... Et oui, comme il est en fac de sport (STAPS pour les intimes)... Je suis un peu son Cobaye donc c'est super bien parce que lui il s'entraine à entrainer les autres et moi je suis "coacher"... C'est pourquoi Adrien est devenu "Ad le Coach"!!! Alors que dire sur "Ad le Coach"??? Bien je vous avoue que c'est très très sympa de l'avoir comme Coach... Mais ne vous y détrompez pas, ce ne sera pas de tout plaisir! Donc, quand on le peut, on va courrir ensemble et là commence une séance (plus ou moins longue) d'intense souffrance... de douleur et de surpassement physique (mais c'est pour mon "bien être" parait il). Parceque Quand Ad devient Coach, alors ça ne rigole plus (bon certes, c'est pas non plus Coach Vahid, il ne menace pas de nous envoyer au Goulag!) Heureusement, comme je suis très fénéant j'ai développé des techniques pour faire croire à une fatigue épuissante m'empéchant de continuer... Mais Coach me connait trop bien pour me laisser faire mon cinéma et au final mon cinéma est bien souvent plus épuissant que le parcours lui même!!! Bref vous le comprendrez, quand Ad devient Coach, ça ne rigole plus!!! :) Coach donc, est l'homme le plus calme au monde (du monde que je connais du moins)... Mais en fait il n'en est rien du tout et ce "self contrôle" dont il fait preuve à chaque instant de sa vie n'est en réalité qu'un déguissement, un masque qui cache une nature enflammée... Ainsi, ce calme le trahie à de rares occasions récurrentes: "L'Ohaime"! :) Dès lors que l'Olympique de Marseille se met à trotinner sur le tapis vertn, joueurs en tenue de soirée, son calme se dissous plus rapidement qu'un éfféralgant... Son visage à l'habitude calme et serein se crispe soudainement, ses nerfs se tendent et il reste alors figé devant la télé, tel un lion prêt à Bondir.... Mais alors le saut sera de deux natures différentes selon l'évolution de la rencontre... Si l'homaine marque, on y verra un calibri tout heureux de voir que tout va bien!!! Par contre dans le cas inverse... Evitez de l'avoir invitez chez vous de peur d'avoir l'impression qu'un troupeau d'éléphants à envahi votre salon!! Bon je pense pas écrire un Roman (du moins pas tout de suite!) disons que je viens de retracer les informations fondamentales de Ad dit "le Coach"... Mais il y a bien plus de choses à dire... Ainsi, sachez également, qu'il est moniteur de voile l'été et enfin, sachez chère demoiselle qui avez le bonheur de pouvoir me lire, Ad n'est pas célibataire ! Voilà tout est dit... Je n'ai plus qu'un seul mot à dire : BULL!!!! January 28 Sous le signe du souvenir...Aujourd'hui, c'est sous le signe du Souvenir que nous nous sommes placés. Un souvenir affreux, qui nous reviens à l'occasion d'anniversaires nécessaires pour ne pas oublier. La libération du Camp d'Auschwitz est l'une de ces dates anniversaire forte, car c'est ce jour là que le monde a pris conscience de l'horreur et de l'atrocité. C'est donc bien plus qu'un symbole, mais c'est bien une prise de conscience. 60 ans après, il est sur que celà peut paraître très lointains! Je vous avouerai moi même que toutes ces "histoire" me semblent vraiment lointaine... Pourtant 60 ans ce n'est tellement rien également (3 fois mon age)! Justement, c'est bien là que réside l'intérêt de ce souvenir : se souvenir de ce que l'homme a fait pour ne pas oublier. Ne pas oublier ces témoignages pour ne pas recommencer. Malheureusement, je trouve qu'il y a aujourd'hui des signes d'inquiétudes réelles. Le monde aujourd'hui est placé sous un signe d'incertitude et de doute... Et le doute génère la méfiance, la méfiance la haine... Aujourd'hui donc, j'ai l'impression que le monde craint l'avenir, que le monde prend peur et qu'il devient réellement de plus en plus raciste... Raciste, nous le sommes au quotidien, sans nous en rendre compte. De par nos préjugés que nous exprimons quotidiennement sans en avoir conscience. Et pourtant, je pense que cela constitue un maillon dans le mouvement de cette chaine haineuse. Mais aujourd'hui, nous avons dépassé ce premier maillon et cette chaine haineuse se propage malheureusement de plus en plus vite, construite par propagande d'amalgames et d'idées patriotiques fausses. Aujourd'hui donc la crainte du futur permet de répondre cette haine... La choc m'est survenu il y a quelques jours à peine quand, assis dans le métro j'y ai découvert un petit journal dit "patriotique", laissé à l'abandon. En y feuilletant quelques pages je fut saisi lorsque je compris que ce journal, au delà de se prétendre patriotique, déclarait danger national l'augmentation de la population arabe en france. Au final, ce torchon rassemblait sur près d'une page sur deux des articles cherchant à prouver par A/B que la proportion d'arabe en france est dévenue source d'inquiétude et de danger et je fus réellement effrayé! Le choc fut encore plus fort lorsque je découvri cette "lettre de lecteur" qui faisait part de son inquiétude parceque certaines personnes de la classe de son fils faisaient le ramadan! (mais il se disait près à "AGIR"!?!) Ce genre d'évènement, malheureusement se banalise... Même si notre vie continue, nous devons prendre conscience de ce danger et nous méfier. Il faut rappeler à ces gens ce que la haines de leurs parents à pu générer comme horreur, il faut rappeler le souvenir à ces gens pour ne pas qu'ils oublient que notre humanité ne fait que se détruire par leur haine. January 25 Enfin!Enfin!... Oui, de ce message destiné à tous mes intelligents admirateurs aurait pu etre tout autre! J'hésitais avec "Pas trop tot" ou "Youpy" ou encore "maintenant c'est la danse des cannards..." (ce titre aurait rappelé d'une part à quelle point il fait froid et c'est aussi un clein d'oeil pour Diane !!! Ah ah ah... Mais finalement j'ai choisi de dire ENFIN! (Et oui il m'aurai fallu 4 lignes pour ne rien dire de plus que j'ai mis 4 minutes à trouver un titre pour ce messages!) Enfin... Enfin ! Mes partiels "are over"! :) Je pense que l'expression en anglais permet mieu d'exprimer le double sens négatif de la réjouissance! En effet j'aurais surement aimé réviser plus (surtout ce foutu cours d'histoire dont je ne connaissait rien (que mon correcteur me pardonne :'(!!! Enfin... L'hiver est arrivé! Et oui il fait froid comme c'est bon de sentir ses os se contracter et se dire "brr il fait frois"!! Malheureusement, si j'ai se bonheur c'est parceque je savoure d'avance ce chocolat chaud que je vais me préparer en rentrant chez moi! Et c'est là qu'arrive le drame. Le drame, oui, il est réel et je peux vous dire que j'avais vraiment vraiment beaucoup de douleur et de révolte à chaque fois que je me suis retrouvé devant ces mendiant épuisés de mendier dans ces conditions si froide. Mais voilà je suis lache (comme tant de personnes :( et je ne savais pas comment réagir à chaque fois... et à chaque fois j'ai trourné la tête pour éviter leur souffrance et je me disait "Dieu que l'Abbé Pierre à raison"...Tout ça pour dire qu'on ne peut pas rester insansible (en tout cas je ne l'était pas malgré mon apparence!) Donc voilà vous comprenez bien, chacun d'entre vous, à quel points nous ne pouvons rester indifférent face à toutes ces situations dramatiques! A bon entendeur... |
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